Un excellent post de Taranne sur la position de la France face à la nouvelle commission européenne.

En voici un extrait :

L'initiateur du grand-projet-français-pour-l'Europe, le Très Saint et Très Révéré Charles de Gaulle freina autant qu'il put l'entrée du Royaume-Uni dans le Marché Commun, arguant que ce serait une catastrophe. De fait, la Perfide Albion ne reçut son carton d'invitation qu'en 1973, soit trois ans après la mort du Général, et notre presse ne s'est pas gênée depuis pour fustiger l'"euroscepticisme régnant Outre-Manche, l'insistance de Londres à obtenir des passe-droits pour certaines règles communautaires - notamment fiscales et sociales - ou le refus acharné des Britanniques d'abandonner la Livre Sterling au profit de l'Euro.

Il n'en reste pas moins que, malgré toutes ces tentatives plus ou moins réussies de faire partie de l'Union sans en faire partie, ce n'est pas Londres qui depuis quarante ans modèle l'Europe à sa convenance, avec le secret désir d'en faire une réplique d'elle-même à l'échelle continentale, laissant aux autres le choix fort simple de lui lécher les bottes ou de la boucler. De même que ce n'est pas elle qui pioche régulièrement dans les caisses de l'Union pour renflouer une économie qu'elle n'a ni la volonté ni l'envie de réformer drastiquement. Bref, ce n'est pas la Grande-Bretagne qui torpille l'Europe. C'est bien à nous, et à nous seuls, que revient le mérite de cet exploit.