Pendant que Vincent publie un excellent billet sur les inégalités en France et aux USA, et les richesses comparées des foyers français et US, Jeffrey Miron, Professeur à l'Université de Boston, sort un nouveau bouquin consacré à la folie sécuritaire des Américains à l'encontre des drogués et des dealers, intitulé Drug War Crimes: The Consequences of Prohibition.

On y découvre que 318 000 américains sont derrière les barreaux pour le pas avoir respecté la prohibition sur les drogues. Ce qui représente plus que le total des prisonniers incarcérés pour ce motif en Angleterre, France, Allemagne, Espagne et Italie cumulés. Plus d'un million et demi d'Américains sont arrêtés chaque année pour des infractions à la législation sur les drogues. Le plus souvent pour une simple possession, pas pour du trafic. La plupart des gens qui se font arrêter avaient en réalité violé des lois mineures (vol à la tire, excès de vitesse, prostitution, etc). Si bien que

  • la répression effectuée de la police américaine ne touche qu'une infime partie des utilisateurs de drogues (estimés à 28 millions)
  • si vous respectez le code de la route et diverses lois banales, il y a peu de chances pour que vous soyez repéré.

Par ailleurs, la prohibition des drogues ne permet de coffrer que le menu fretin, pas les caïds, qui, eux, bien sûr, restent intouchables. Les 33 milliards de dollars que le gouvernement des Etats-Unis dépense annuellement pour imposer la prohibition de drogue, ont été plus efficace pour stimuler la corruption parmi les fonctionnaires publics que pour réduire la consommation de drogue.

Miron explique a contrario comment et dans quelle mesure la prohibition accentue la violence de rues, les risques sanitaires des utilisateurs, la réduction des libertés individuelles. Comment elle empêche l'utilisation médicale et thérapeutique des drogues. In fine, cette législation répressive aboutit à un transfert massif de richesses au profit des criminels. Voici pourquoi la War on drugs doit être abolie.

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