José Luis Zapatero a été élu à la tête du gouvernement espagnol il y a cent jours. C'est durant cette période d'euphorie, propice aux grands bouleversements, que traditionnellement les nouvelles têtes exécutives lancent leurs grands chantiers, ou font passer les réformes les plus difficiles, celles qui provoquent en général la fronde des administrés.

Et bien, durant ses cent jours, qu'a fait Zapatero ? s'est-il occupé de l'économie (florissante) de son pays ? du nombre encore important de chômeurs ? de la relance du processus européen, mis à mal, précisément, par l'Espagne aidée - du bout des lèvres - de la Pologne ?

Non, José, lui, y s'occupe des femmes battues.

Ah je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, qu'il n'y a pas des femmes soumises voire battues en Espagne, bla bla bla. Je dis simplement que j'ai du mal à considérer ce sujet comme la priorité des priorités, sachant qu'il doit toucher environ 4% des femmes espagnoles, soit, grosso modo, 2% des Espagnols tout court.

Enfin, je ne suis pas l'ami José, qui, pour montrer que lui, au gouvernement, ne bat aucune femme, a accordé à des représentantes de celles-ci autant de ministères qu'aux hommes de son équipe. Belle démagogie, mais je ne comprends toujours pas pourquoi il faudrait favoriser les femmes plus que les hommes.

Tout le monde sait bien que les femmes gagnent moins d'argent que les hommes, qu'elles font encore parfois des enfants, qu'elles sont moins présentes aux postes de direction.

Mais ce sont aussi celles qui travaillent le moins, et de loin.

Ne me tuez pas, j'explique : la quasi-totalité des employés à temps partiel sont des employées. Je veux bien que ce soit parfois une contrainte, mais il s'agit d'une contrainte familiale, pas professionnelle. C'est un fait que les femmes plus que les hommes participent à l'éducation des enfants. Ceci dit, ce n'est pas moi qui ait créé tous les avantages sociaux dont bénéficient les femmes à ce titre, et qui sont d'ailleurs en passe de disparaître.

Mais je crois plus en l'évolution des moeurs - les hommes au foyer, voilà une valeur d'avenir - et surtout à la logique sociale pour remédier à cet état temporaire. En effet, les filles réussissent en moyenne bien mieux que les garçons à l'école, et c'est vrai jusqu'au doctorat. Déjà des filières entières sont totalement féminisées (administration en général, magistrature, voire postes de commissaires et de lieutenants de police). La chimie constitue un autre exemple.

Alors, faut-il vraiment accorder un avantage légal aux meilleures ?