Créer son propre blog a quelque chose de mesquin. Oui, de mesquin.

Tout d'abord, il faut avoir conscience du fait que le nombre de lecteurs de la prose de l'auteur sera au mieux étriqué, au pire quasi inexistant. Pour parler chiffres, on peut imaginer que ce blog atteindra de manière poussive 50 visiteurs par jour, et encore, les meilleurs jours, lorsqu'il tombera des cordres dehors et qu'en plus, les gens s'ennuiront tellement au travail ou chez eux que, contre toute attente, ils jetterons un oeil à ce qui se passe ici. C'est donc un peu inutile que de miser un quelconque intérêt sur cet outil sympathique mais objectiviement médiocre, en termes d'efficacité.

Par ailleurs, ce blog a ceci de particulièrement mesquin qu'il a été nominatif. Et, soyons clair, il n'existe aucun blog nominatif dans la blogosphère francophone. Je ne parle même pas des quelques blogs présents à la gauche de ce texte, je parle de tous les blogs francophones. Rien de tel en revanche dans les pays anglo-saxons, où il est fréquent de rencontrer un blog nominatif, qui n'existe que par et pour son auteur, qui n'emploie d'ailleurs que la première personne du singulier pour exprimer SES idées à lui, du haut de sa parfaite individualité. Du haut de sa totale subjectivité aussi, qui bien souvent prend la forme d'une singulière mauvaise foi.

C'est dans ce registre-là que j'ai toutefois choisi de m'inscrire, et tant pis si d'aucuns trouveront cela prétentieux, voire mesquin, comme je le disais plus haut. Mon but n'est absolument pas de me mettre en avant au point de perdre pied, de me croire une superstar du web alors que je ne suis rien. Il est tout simplement de revenir aux fondements, aux principes initiaux des weblogs, qui étaient des espèces de journaux intimes en ligne.

Alors, me direz vous, c'est bien joli mais comment attirer le chaland avec un journal intime ?

Outre que ce n'est pas à proprement parler mon principal souci, et que mes autres sites pallient largement à mon besoin inné d'expression sinon de reconnaissance, je dirai simplement que ce blog sera le reflet de ma personnalité dans toute son individualité immarescente. Je me fous aussi bien des qu'en-dira-t-on que des tabous. Des biens-pensants que des censeurs. Je n'aurai donc ici aucune autre limite que celle que je me fixerai. Ceux qui me connaissent seront surpris. Les autres hausseront les épaules, n'en pensant pas moins.

Je ne chercherai pas le lecteur à tout prix, je n'autoriserai d'ailleurs pas systématiquement les commentaires je pense.

Il pourra se passer des semaines entières sans que je ne mette le nez ici.

Mais d'autres fois je posterai trente messages dans la journée.

Les billets que je posterai partiront sans doute dans toutes les directions, et je me ferai un point d'honneur à surtout ne jamais me relire. Je ne suis pas un perfectionniste, je suis un touche-à-tout qui par définition ne sait absolument rien faire de bien.

J'aurais aimé faire un blog bilingue voire trilingue, sur le modèle de Merde in France ou du Dissident Frogman. Mais je n'en ai pas le temps, sinon les compétences. Et comme l'anglais est déjà bien pris, j'aurais plutôt vu un duo franco-italien ou franco-espagnol par exemple, eh oui, mes affinités électives sont plus latines que saxonnes.

A l'instar des blogs nominatifs, importants ou quelconques, étrangers, je vous souhaite donc la bienvenue sur ce blog, qui s'intitulait tout simplement le blog de ....

... Jusqu'à ce que je sois contraint à rentrer dans l'anonymat. La raison ? Mon statut d'énarque. Je ne cherche pas à être l'anonymat incarné, façon Zek. Mais simplement à faire preuve d'une relative discrétion. D'ailleurs, je suis plus ou moins énarque. Plus ou moins jeune. Plus ou moins lyonnais. Voilà de quoi brouiller les pistes !

Puisse votre visite vous apporter un quelconque intérêt. Mais j'en doute :)