Voici un texte que j'aurais réservé à Catallaxia, avant... Merci aux Contribuables Associés pour leur... contribution.

Déficits rampants et dette publique abyssale font aujourd’hui que l’Etat est incapable d’assumer son train de vie. Le nombre de fonctionnaires a effectivement augmenté, en France, de 30% au cours des quinze dernières années, leurs charges grevant désormais de moitié le budget de l’Etat.

En 2003, le gouvernement s’était donc engagé à geler partiellement l’embauche de nouveaux fonctionnaires en supprimant 1 745 postes. A en croire différents communiqués ministériels : tous les fonctionnaires partant à la retraite ne seraient pas remplacés !

Dans son dernier rapport sur l’exécution de la Loi de finances, la Cour des comptes décrypte la manière dont « l’ambitieuse » opération dégraissage a été menée :

- Au ministère de la culture, 1 297 emplois ont été transférés à des établissements publics, notamment au musée du Louvre. Or, les fonctionnaires des établissements publics ne sont pas comptabilisés dans les effectifs de la fonction publique d’Etat… D’où une baisse totalement artificielle du nombre de fonctionnaires puisque les 1 297 emplois en question sont désormais financés par le biais de subventions ministérielles.

- Au ministère de l’Education nationale, 5 600 emplois de maîtres d’internat et de surveillants ont été supprimés, provoquant à l’époque une vive émotion dans les rangs des syndicats. Cette suppression fut compensée, quelques mois plus tard, par l’embauche de 20 000 assistants d’éducation sans aucune autorisation de la Loi de finances initiale, c’est-à-dire du Parlement.

Au bout du compte, les magistrats nous révèlent que la suppression programmée de 1 745 postes dans la fonction publique d’Etat s’est traduite par la création de 18 600 nouveaux emplois : 5 600 titulaires et 13 000 contractuels !

Bravant toutes autorités légitimes, l’Administration française nous rappelle que c’est toujours elle qui gouverne le pays et la manière dont elle envisage la « réforme de l’Etat ».