Comme vous le savez, le CSA réglemente avec une grande fermeté le temps de parole des candidats à l’élection présidentielle, de manière très simple (sinon simpliste) : pour une minute consacrée à tel candidat, il faut réserver sur la même antenne ou le même support 11 minutes pour les 11 autres candidats. Mieux encore, lorsque la campagne officielle débutera, le temps de parole ne sera plus décompté qu’à la minute près, mais encore dans les mêmes conditions de présentation.
Moralité ? L’extrême gauche, avec ses cinq candidats, a donc cinq fois plus de temps de parole que, disons, la candidate socialiste, alors qu’a priori, cela semble un tantinet injuste et biaisé. Un illustre inconnu (et il y en a au moins deux dans cette campagne) fait jeu égal avec un vieux briscard (je n’ai pas dit roublard, on peut en débattre longtemps) de la politique.
On peut trouver légitime de permettre à toutes les forces en présence d’être représentées, mais il y a là un biais qui, me semble-t-il, est évident. Une logique poussée à l’extrême, jusqu’à en devenir absurde.
Heureusement, la parade existe, et, comme le disait Serge July ce matin sur RTL, nous n’avons qu’à prendre encore un peu notre mal en patience ; en effet, ces élections présidentielles seront sans doute les dernières à se dérouler de la sorte. Les prochaines auront lieu sur le net, car tout le monde ou presque aura accès au haut débit et aux vidéos en ligne. Les électeurs y feront leur marché politique, les candidats y concentreront toutes leurs forces. L’absence de débat télévisé cette année, voulue par Sarko si j’ai bien compris, n’en est que le prélude. Il y aura peut-être des débats à la sauce Bayrou, directement sur le net.
Et s’il y a une seule chose certaine, c’est celle-ci : le CSA n’y pourra strictement rien du tout.
J’ajoute : et ce sera très bien ainsi.