9 septembre 2008

Politique de l’offre

> atomique, économique — Copeau à 14:36

Lu dans le Monde de ce jour :

Le premier secrétaire (du parti socialiste, François Hollande) a évoqué « les trois mutations que doit amorcer la gauche ». Partisan d’une large réforme fiscale, il juge nécessaire de « faire prévaloir une politique de l’offre » en encourageant l’investissement des entreprises plutôt qu’une relance de la demande. Il souhaite « transformer l’Etat-providence pour en faire un instrument de préparation » et pas seulement « de réparation ». Enfin, il a plaidé en faveur du désendettement de l’Etat.

et bé…

29 avril 2008

Mélanges en l’honneur de Serge Schweitzer

> atomique, numérique — Copeau à 20:56

Un billet rapide pour vous prier de bien vouloir prendre connaissance du prix que l’association liberaux.org, qui gère actuellement 5 sites (je ne détaille pas, vous verrez dans le dossier de presse), vient de décerner pour l’année 2008 à Serge Schweitzer, professeur d’économie à Aix-Marseille.

Plutôt qu’un long discours inutile, je vous souhaite donc une bonne lecture des mélanges que nous avons rédigés en son honneur

Je me tiens comme il se doit à votre disposition si vous souhaitez toute information complémentaire.

Bonne lecture !

30 mars 2008

Victimologie

> atomique — Copeau à 11:34

« Selon une idéologie que l’écrivain Joseph Sobran qualifie de “victimologie officielle”, certains groupes d’individus sont désignés comme Victimes d’Etat, on pourrait dire “Victimes en carte”. Ces groupes, toujours plus nombreux, sont censés être, ou avoir été, les victimes d’autres groupes appelés Oppresseurs officiels. Le devoir de l’Etat est alors de déverser richesses, emplois, postes et privilèges innombrables sur la tête des Victimes aux dépens, bien entendu, des prétendus Oppresseurs. C’est une forme particulièrement grotesque de réparation ou de compensation puisque les “Oppresseurs” n’ont personnellement fait aucun tort à quiconque et que les “Victimes” n’ont jamais souffert de leur fait. Privilèges et pénalités sont distribués sous le seul prétexte que de groupes similaires pourraient avoir été des victimes ou des oppresseurs dans le passé – un passé parfois fort lointain. Par-dessus le marché, on n’a jamais fait mention d’une date à laquelle cesseraient ces “réparations”, apparemment destinées à se perpétuer à jamais, ou du moins jusqu’à ce que la communauté des Victimes soit déclarée en tous points “égale” à celle des Oppresseurs. Comme c’est la “nouvelle classe dirigeante” qui devrait faire cette déclaration, alors qu’elle est installée dans un système de redistributions massives, tout en prélevant au passage de coquets pourcentages en “frais de dossier”, on peut être sûr que le bulletin de victoire finale ne sera jamais publié. A ce jour, l’ensemble des Victimes officielles inclut (je tiens à rappeler qu’étant moi-même Juif je suis une Victime Officielle, et donc officiellement autorisé à dire ces choses) : les Noirs, les Juifs, les Asiatiques, les femmes, les jeunes, les vieillards, les “sans-abri”, les homosexuels et – dernière catégorie – les “handicapés”. Ce qui permet d’identifier les Oppresseurs comme étant des Blancs mâles, d’âge moyen, hétérosexuels, chrétiens, non handicapés et ayant un logement. »

Murray Rothbard

27 janvier 2008

Histoire de mur(s)

> atomique, politique — Copeau à 21:52

Lu chez Hugues :

J’essaie de me tenir au courant, même si j’évite d’en parler ici trop souvent, des aventures de nos amis israélo-palestiniens. Mais vu le petit travers maniaco-dépressif de leur actualité, les phases down succédant aux phases up avec une agaçante régularité, les vraies surprises sont rares.

Je découvre pourtant l’existence d’un mur séparant Gaza de l’Egypte, mur dont je n’avais jamais entendu parler avant que des gazaouites chauffés à blanc par le blocus ne le fassent tomber. Il a d’ailleurs fallu plusieurs jours aux médias avant d’appeler un chat un chat et de qualifier cette construction de trois à six mètres de haut de « mur » stricto sensu, les vocables euphémisants et connotés de « barrière » et de « clôture » ayant d’abord été utilisés.

Je n’ai pas de sympathie particulière pour le rempart de béton érigé plus à l’Est par Israël pour se protéger des suicide bombers ― même s’il semble remplir sa mission. Je suis aussi scandalisé que n’importe qui par son tracé illégal, empiétant sur les propriétés palestiniennes et aggravant encore les conditions de vie des Cisjordaniens. Je m’étonne pourtant de ce que le même procédé, utilisé par les Egyptiens, n’ait jamais été évoqué auparavant.

Bon, pour être tout à fait honnête, on rappellera que les Israéliens eux mêmes, avant leur départ de Gaza, avaient élevé ce mur. Et qu’ils accusent volontiers Moubarak de ne pas être à la hauteur question contrôles et entretien. Pour autant, construit par les uns et préservé par les autres, il garde le même objet : tenir le Hamas en respect.

Dans un livre aux accents franchement antisémites, l’ex-journaliste de RFI Alain Ménargues développait la théorie selon laquelle « le mur de Sharon » était le symbole du racisme dont le judaïsme (oui, le judaïsme, pas le sionisme) serait porteur. Ah, vraiment, je regrette de ne pas savoir ce que ce spécialiste des « ghettos volontaires » dirait de ce mur-ci…

Elections américaines

> atomique, politique — Copeau à 21:24

Il semblerait, à l’écoute des médias français, que l’élection américaine se résume en un duel Obama - Clinton, ce qui n’est pas conforme à la réalité. Déjà que dans l’esprit desdits médias, droite=mauvais et gauche=bon (voir les analyses post-électorales de Duo Caroli, notamment), rengaine à laquelle on est habitué, à présent bien sûr on poursuit le  syllogisme simpliste qui ne tient pas compte de l’histoire ni de la complexité des faits en une équation démocrates=bons et républicains=mauvais. Rien que de très classique. La nouveauté, c’est que l’élection présidentielle US semble se résumer en un combat interne au parti démocrate, ce qui est comique et ridicule. On consacre environ 8 fois plus de temps à parler des démocrates qu’à parler des républicains, alors que les primaires ne sont pas moins serrées, et la probabilité qu’un républicain l’emporte importante.

Rien que pour faire la nique à ces médias dans lesquels règne le prêt-à-penser, j’aimerais que les républicains l’emportent, même si, spontanément, mon coeur ne balance pas vers eux.

8 janvier 2008

Dans le dernier Commentaire

> atomique, philosophique, politique — Copeau à 21:20

Voici bien longtemps que je n’ai écrit ici, j’en suis fortement désolé, mais diverses raisons légitimes m’ont tenu éloigné ces derniers temps d’internet en général et de ce blog en particulier.

Loin de moi le désir de me faire pardonner, car je suis bien incapable de renverser la vapeur et de vous offrir sans discontinuer une série longue et fructueuse de billets d’actualité, d’humeur, ou de que sais-je.

Je voudrais toutefois dire quelques mots sur le dernier numéro de la revue Commentaire, que je dois être le seul avec La Lime à évoquer dans mon blog.

Je présenterai les articles à mon sens intéressants par ordre de ceux-ci dans le sommaire.

Tout d’abord, Denis Bachelot nous offre un article intitulé “Islam et Occident. “Choc des civilisations” ou “guerre sexuelle ?”". Il expose qu’en Asie non musulmane, les représentations sexuelles circulent librement, tandis qu’elles sont bannies et détestées dans les pays musulmans. Cette représentation de la différence sexuelle serait ainsi la véritable matrice de l’opposition entre le monde musulman et l’Occident. Alors que la Chine ou le Japon ne cherchent pas, au nom de valeurs supérieures, à détruire les production culturelles occidentales, mais à donner à leurs propres créations la part de marché la plus large possible, il y aurait une absolue singularité du monde musulman en ce que celui-ci, exclut totalement de la compétition mondiale pour la production / consommation, est le seul à poser un discours de rejet fondé sur des valeurs transcendentales. Ce sont ces représentations sexuelles qui sont condamnées, et non pas les valeurs de la liberté et de la démocratie, que seuls les plus extrémistes des musulmans rejettent. La “rue” musulmane s’enflamme beaucoup plus facilement pour des principes et symboles que pour les violences réelles qui touchent telle ou telle communauté musulmane de par le monde. En un mot, pour les Musulmans, nous ne sommes pas à leurs yeux un modèle humain à imiter ou à s’approprier.

Ensuite, Joseph Joffe, dans “L’état de guerre au XXIe siècle”, revient sur la guerre en Irak. C’est pour lui une “guerre asymétrique”. Elle oppose des armes primitives et bon marché à de la high-tech, elle s’appuie sur la surprise tactique de David face à Goliath, elle s’ancre dans une idéologie magnétisante. Alors que la guerre asymétrique était jadis du côté occidental  (bataille d’Omdurman au Soudan en 1898, conquête de l’Algérie par les Français en 1830), ce n’est plus du tout le cas à présent. Alors qu’ils avaient conquis l’Algérie avec 30 000 hommes au milieu du XIXe siècle, les Français ne purent pas tenir le pays avec 600 000 hommes un siècle plus tard. Par ailleurs, alors que la sacro-sainte disctinction entre combattants et non-combattants est aujourd’hui profondément ancrée dans l’esprit occidental, le Hezbollah, le Hamas, les terroristes sunnites ou les escadrons de la mort chiites n’ont au contraire absolument aucun scrupule à tuer des civils (cela fait partie de leur stratégie). Enfin, la vocation “impériale” de la civilisation occidentale aurait disparu.

Par ailleurs, Armand Laferrère, patron d’Areva Canada, revient sur les paradoxes liés à l’engouement médiatico-politique autour du réchauffement climatique, ce que La Lime appelle de manière éclairante le “réchauffisme”. Il rappelle que l’origine humaine du réchauffement n’est pas du tout prouvée scientifiquement (les Romains faisaient pousser de la vigne en Angleterre ; à l’inverse du XIVe au XIXe siècle des armées entières sont passées de Suède au Danemark à pied sur une mer gelée ; la planète Mars se réchauffe). Ce qu’on observe en réalité, c’est une politisation de la science, alors même que 59% des savants considèrent que l’activité humaine joue un rôle déterminant - 59% “seulement”, et non pas la totalité comme le GIEC voudrait le faire croire. Laferrère présente la manière dont le romancier Michael Crichton théorise le mouvement contemporain : nous serions en train de vivre une chute de l’état de grâce à l’état de pollution, parce que nous avons mangé à l’arbre de la connaissance. Nous sommes tous des pécheurs énergétiques, et nous allons tous mourir, à moins que nous ne trouvions le salut sous la forme d’une gestion soutenable des ressources. La gestion soutenable est le salut de l’Eglise écologique, et les aliments organiques sont sa communion.

Les bonnes feuilles du dernier ouvrage d’Olivier Beaud, Théorie de la Fédération (PUF), sont reproduites sous le titre “Penser le fédéralisme”. Sa thèse : la doctrine juridique assimile depuis un siècle la fédération à l’Etat fédéral ; et elle considère qu’opposer la fédération à la confédération d’Etats suffit à épuiser la question. Beaud nous explique ainsi que toute la doctrine classique est fondée autour de l’idée de la souveraineté (à la Jean Bodin, si vous voulez). En effet, une confédération serait composée d’entités restant maîtres de leur destin, tandis que la fédération ne serait composée que d’entités ayant perdu leur souveraineté. Si cette explication éclaire les cas les plus connus (Allemagne, USA, Suisse), elle ne rend pas compte de tous les droits positifs. Lorsque les USA ou l’Allemagne étaient des confédérations, des actes normatifs restreignant la souveraineté de leurs Etats-membres ont été promulgués (Congrès continental américain, Diète fédérale suisse, les lois du Conseil d’Etat et du capitaine général Leicester, …). A l’inverse, le droit de sécession n’a pas toujours été reconnu dans une confédération (Beaud cite ainsi le cas des sept cantons du Sonderbund en 1847, que la Confédération a qualifié de “rébellion” et a maté en conséquence). Cette erreur doctrinale a trois conséquences : 1) elle sous-tend un jugement de valeur, selon lequel la confédération serait nécessairement un état transitoire, vers une solution stable qui serait la fédération, alors que rien ne permet de le prouver ; 2) elle ne rend pas compte du cas américain, mi-fédéral mi-confédéral ; 3) elle gomme l’utilité intrinsèque du fédéralisme, qui, en réalité, groupe des entités ayant chacune une face externe et une face interne, relevant tantôt du droit public interne, tantôt du droit international.

Laurent Wauquiez, l’actuel porte-parole du gouvernement Sarkozy Fillon, évoque les problématiques nouvelles de la communication politique dans un article intitulé “Nouvelle politique, nouvelle communication ?”. Alors que le secret était vénéré par Machiavel, Richelieu, la montée en puissance de la démocratie au XIXe siècle suscite la montée des débats démocratiques par voie de presse. Malgré cela, la raison d’Etat se portait encore bien sous Clemenceau. L’avènement des médias audiovisuels (des causeries au coin du feu de Roosevelt à l’ORTF de de Gaulle) n’a pas fondamentalement changé la donne : l’information reste asymétrique et verticale, on écoute le Général qui parle. A présent, nous serions entrés dans l’ère de la transparence, avec internet, la pluralité des médias (ce qui est un faux argument, il y avait d’innombrables journaux il y a un siècle), et surtout l’émergence du besoin participatif. C’en est fini du secret. Puisque plus personne ne peut être assuré que sa parole privée restera bien privée, il n’y a plus de secret possible. C’est une présentation caricaturale que je ne partage pas.

Enfin, Pierre Gras évoque la mémoire du cinéaste allemand bien connu, célébré à Beaubourg l’an dernier, Werner Fassbinder, et plus précisément sa série télé, Berlin Alexanderplatz. Il a refusé l’activisme politique béta, adopté un point de vue médiatisé (en écartant le cinéma “objectif” pour s’incarner dans le point de vue des personnages), tout en ayant le souci de s’adresser à des publics variés. En cela, Berlin Alexanderplatz c’est un peu le Twin Peaks de Fassbinder.

28 octobre 2007

YMC.. euh, non SNCF

> atomique, comique — Copeau à 18:06

Reprenez le refrain tous en choeur, et en avant pour la célèbre choré !

15 août 2007

Boris

> atomique — Copeau à 8:57

Des amis libertariens, qui se reconnaîtront certainement, m’ont fait découvrir il y a quelques temps Boris, la bière de la Liberté. On la trouve dans certains supermarchés (Leclerc, Cora, notamment). Je vous invite à la découvrir si vous ne la connaissez pas, même s’il s’agit d’une vulgaire pils sans aucun caractère. Ce qui fait sa force, c’est son slogan et son positionnement commercial, plutôt étonnant dans un pays collectiviste. Voici en effet ce qui est inscrit sur le pack :

Je vais où je veux, car il n’y aque la liberté pour guider mes pas et mes pensées. Je n’ai pas peur de défendre mes idées. Mes valeurs sont celles d’une génération qui veut garder le contrôle sur sa vie et sur son avenir.

Je n’obéirai toujours qu’à un seul drapeau : le mien.

(ces deux dernières phrases se retrouvant sur les bouteilles)

On m’appelle Boris le rebelle, car je crois en moi-même plutôt qu’au système dans lequel on voudrait me faire vivre. Pour donner mon nom à cette bière je l’ai brassée à ma manière, sans compromis. C’est pourquoi je lève mon verre à tous les insoumis qui la prennent comme moi, droite et fière.

L’agence de communication, québécoise, qui a initié le concept de cette bière alsacienne de Saverne, a pris des risques incroyables. Encore que, de l’anarchiste au libertarien, pas mal peuvent s’y retrouver. En tout cas, bravo pour cette initiative.

10 août 2007

Risques

> atomique, ubique — Copeau à 13:17

C’est grâce aux risques que l’on prend que la vie devient vivable

Charlotte Rampling

Avis à tous les altercomprenants, qui nient le fondement même de l’identité humaine.

10 mars 2007

La vraie limite n’est pas le gouvernement, mais la société

> atomique — Copeau à 14:04

«L’anarchiste croit que le gouvernement est la limite de la liberté. Il espère, en détruisant le gouvernement, élargir la liberté. Mais la vraie limite n’est pas le gouvernement mais la société. Le gouvernement est un produit social comme un autre. On ne détruit pas un arbre en coupant une de ses branches. »

(Han Ryner, Petit manuel individualiste, 1903)