8 août 2008

Mardi, on me fusille

> historique — Copeau à 7:48

On oublie souvent que la Russie soviétique ne fut pas le premier pays, à tout le moins pas le seul au début du 20e siècle, qui établit la persécution religieuse comme mode de gouvernement socialiste et totalitaire.

En 1917, à la fin de la longue guerre civile qui déchira le Mexique au début du 20e siècle, après la victoire de Carranza et Obregón, est promulguée une nouvelle constitution qui établit une politique d’intolérance religieuse et qui priva l’Église de toute personnalité juridique. Parmi les dispositions les plus dures : interdiction de vote des religieux, interdiction pour l’Église de posséder des biens fonciers, interdiction du culte public hors des dépendances ecclésiastiques, mainmise de l’État qui devait décider du nombre d’églises et de membres du clergé, interdiction pour la presse catholique de traiter des affaires publiques, interdiction aux corporations religieuses et aux ministres du culte d’établir ou de diriger des écoles primaires. Les catholiques n’opposèrent aucune violence quand cette constitution liberticide entra en vigueur, optant pour une lutte pacifique afin de modifier les aspects qui les affectaient directement. Ainsi des groupes de catholiques décidèrent de constituer en 1924 la Ligue Nationale pour la Défense de la Liberté Religieuse (LNDLR) afin de récupérer la liberté religieuse via les moyens légaux.

Durant le gouvernement du général Álvaro Obregón (1920-1924), les relations entre l’Église et le nouvel État révolutionnaire furent marquées par une tension croissante et l’impossibilité d’arriver à un accord qui aurait satisfait les deux parties. Les affrontements entre les membres de la Confédération Régionale Ouvrière Mexicaine (CROM) et ceux de l’Action Catholique de la Jeunesse Mexicaine (ACJM) occupèrent les premiers titres des journaux. Jusqu’au mois de janvier 1923, lorsque le légat apostolique du Vatican, monseigneur Ernesto Philipi, bénit un monument dédié au Christ-roi à Cilao, dans l’État de Guanajuato. Le gouvernement du général Obregón interpréta cet acte comme un défi à l’autorité et une attaque à la constitution et expulsa le légat en application de l’article 33 de la constitution.

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