30 mars 2008

Victimologie

> atomique — Copeau à 11:34

« Selon une idéologie que l’écrivain Joseph Sobran qualifie de “victimologie officielle”, certains groupes d’individus sont désignés comme Victimes d’Etat, on pourrait dire “Victimes en carte”. Ces groupes, toujours plus nombreux, sont censés être, ou avoir été, les victimes d’autres groupes appelés Oppresseurs officiels. Le devoir de l’Etat est alors de déverser richesses, emplois, postes et privilèges innombrables sur la tête des Victimes aux dépens, bien entendu, des prétendus Oppresseurs. C’est une forme particulièrement grotesque de réparation ou de compensation puisque les “Oppresseurs” n’ont personnellement fait aucun tort à quiconque et que les “Victimes” n’ont jamais souffert de leur fait. Privilèges et pénalités sont distribués sous le seul prétexte que de groupes similaires pourraient avoir été des victimes ou des oppresseurs dans le passé – un passé parfois fort lointain. Par-dessus le marché, on n’a jamais fait mention d’une date à laquelle cesseraient ces “réparations”, apparemment destinées à se perpétuer à jamais, ou du moins jusqu’à ce que la communauté des Victimes soit déclarée en tous points “égale” à celle des Oppresseurs. Comme c’est la “nouvelle classe dirigeante” qui devrait faire cette déclaration, alors qu’elle est installée dans un système de redistributions massives, tout en prélevant au passage de coquets pourcentages en “frais de dossier”, on peut être sûr que le bulletin de victoire finale ne sera jamais publié. A ce jour, l’ensemble des Victimes officielles inclut (je tiens à rappeler qu’étant moi-même Juif je suis une Victime Officielle, et donc officiellement autorisé à dire ces choses) : les Noirs, les Juifs, les Asiatiques, les femmes, les jeunes, les vieillards, les “sans-abri”, les homosexuels et – dernière catégorie – les “handicapés”. Ce qui permet d’identifier les Oppresseurs comme étant des Blancs mâles, d’âge moyen, hétérosexuels, chrétiens, non handicapés et ayant un logement. »

Murray Rothbard

4 réactions »

  1. le patron dit le 30 mars 2008 à 23:09

    Faut-il en déduire que les associations de droit au logement ont pour but inavouable de fabriquer des Oppresseurs ? Le doute m’assaille. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, moi aussi j’ai un logement. Et je suis blanc. Et mâle. Et d’âge moyen. Et hétérosexu… ah, tiens, non. Ouf, j’ai eu chaud.

  2. Copeau dit le 1 avril 2008 à 5:36

    Rothbard s’exprime (et j’ignore de quand date ce texte) dans le contexte américain, où il faut savoir que, pour des raisons assez étranges, le parti libertarien est devenu au fil du temps le porte-parole de la communauté homosexuelle. C’est donc une critique formulée à l’encontre de ses propres “amis” plutôt qu’à l’encontre de ses opposants, à laquelle il se livre.

  3. Higgins dit le 23 avril 2008 à 19:39

    Je n’ai pas eu encore le temps de lire correctement tes deux derniers articles (dont les sujets ont l’air passionnant) mais je me permets d’envoyer ce lien à propos d’un article que tu ne devrais pas renier:
    http://www.maitre-eolas.fr/index.php

    J’aime en particulier cette phrase:
    “Le principe est simple. Heureusement, l’application sera bureaucratique ; sinon, ça aurait risqué de marcher.”

  4. Domi dit le 29 avril 2008 à 22:59

    Ouf … Je ne suis pas chrétien !

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