Les libéraux ont-ils un cerveau ?
Derrière ce titre qui peut sembler provocateur, d’autant que les libéraux sont perçus en nos vertes contrées (devrais-je plutôt dire “rose” ?) comme des fanatiques extrémistes mangeurs d’enfants, incapables de ressentir la moindre émotion face à la misère, face au clodo qui dort dans ses cartons, face à l’enfant malnutri, face aux travailleurs pauvres, face aux sans-papiers qui vivent dans une misère noire.
Outre le fait que - malgré tout et comme d’autres - je revendique l’appellation de “libéral”, il est intéressant de sortir des sentiers battus comme le montre l’exemple de Thierry dans un billet consacré au sujet interdit en France de la génétique sociale. Il y a de nombreux aspects intéressants dans ce texte, que je me permets par conséquent de reproduire ici.
Je vois déjà les sociologues et les politologues français s’esclaffer. Dès que les sciences dures font une incursion dans leur univers, ils montent sur leur perchoir d’intellectuels. Les anglo-saxons, souvent adeptes de la sociobiologie de Wilson, sont moins sectaires. Pour preuve, NewsScientist vient de publier un article intitulé : Les penchants politiques sont-ils définis par les gênes ? (PDF). Point de départ de réflexion : les vrais jumeaux tendent à être plutôt du même bord politique que les faux jumeaux (donc impossible d’invoquer des causes sociologiques).
Pourquoi pas après tout ? Nous savons que la génétique ne définit qu’une partie de ce que nous sommes, mais une partie tout de même. Elle doit avoir tout autant que notre éducation ou notre milieu social une influence sur nos goûts politiques.
L’existentialiste qui sommeille en chacun de nous ne peut pas être d’accord mais nous devons parfois, même souvent, reconnaître que notre libre arbitre n’est pas tout puissant. Comme je le dis souvent, les gâteaux dans les vitrines des pâtisseries brisent ma volonté avec une facilité déconcertante et me démontrent sans cesse que je n’ai pas l’âme d’un Gandhi.
Nous sommes tous en partie conservateur, en partie progressiste. Ceux chez qui le côté progressiste serait le plus fort seraient plus à même de réagir dans des situations nouvelles. D’une certaine façon, leur cerveau serait plus apte à gérer le changement. Dans l’article de NewsScientist, les progressistes sont appelés libéraux, appellation mal comprise en France même si je la revendique.
Un libéral est quelqu’un qui avant tout se libère des habitudes et préfère le changement à la stagnation. Un libéral est anticonformiste. Un libéral veut que les gens qui l’entourent le surprennent et diffèrent de lui. Un libéral est pour le progrès, entendu au sens biologique d’évolution. Pour obtenir mieux que ce qu’il a déjà, Il accepte le risque d’avoir moins bien. Pour autant il n’est pas inconséquent, il peut très bien pratiquer un super principe de précaution, un tel principe étant libéral puisqu’il suppose que la prudence ultime revient à nous responsabiliser individuellement.
Si l’hypothèse génétique se confirme, il y aurait donc toujours deux grandes factions politiques. L’une à tendance conservatrice, l’autre à tendance libérale. Bug ! Qui sont les libéraux en France ? Qui représente les forces de progrès ? L’UMP qui nous voit tous en industriels plan-plan à la mode au XXe siècle ? Les socialistes qui eux agitent encore les idéologies du XIXe siècle ?
Je suis perdu. Plutôt, je crois que nos politiciens sont perdus. Ils continuent à nous faire des promesses intenables, les gens continuent à voter pour eux puis à les honnir. Et si après tout le camp de libéraux était celui de ceux qui ne votent pas. N’ont-ils pas compris que voter revenait systématiquement à choisir entre des conservateurs à tout crin ?


Ce texte, ou tout du moins l’idée que m’en donne cet extrait, sort en effet des sentiers battus: j’y verrai plutôt l’auto-psychanalyse d’un citoyen politiquement (psychologiquement?) perdu. Je me reconnait dans sa définition du “libéral” même si, heureusement, elle n’est pas nouvelle.
Au fait, je tente de faire revivre mon p’tit “liberté avenir” ici: http://liberteavenir2.blogspot.com/
A bientôt
je me reconnaiS avec un S bien sûr
Je croyais que c’était un article pour se moquer des libéraux et notament des péripéties qui agitent AL.
Les libéraux plus intelligents que les autres ?
Si seulement ça pouvait être vrai.
Bon courage pour la reprise de ton blog, Howard.
A Christophe : je ne sais pas s’il s’agit d’être plus ou moins intelligent qu’un autre, mais d’une tournure d’esprit particulière, que n’ont manifestement pas les conservateurs, ceux qui croient que la famille et les valeurs morales sont une fin en soi, comme ceux qui croient que les droits acquis sont l’horizon indépassable de la vie en société.
C’est étrange cette façon de couper le monde politique en deux camps tranchés : les conservateurs d’un côté et les “libéraux” de l’autre.
Il va falloir m’expliquer pourquoi les libéraux du monde sont tous conservateurs et répressifs : Thatcher et Reagan ne sont pas, que je sache, des modèles de tolérance et ont imposé bien avant nous toutes ces lois débiles hygiénistes qui deviennent à la mode en France : loi anti-tabac, criminalisation du citoyen ordinaire au volant de sa voiture, caméras aux feux rouges et radars automatiques. Autant de moyens de contrôle social qui relèvent d’une idéologie haïssant l’individu.
L’inintelligence, c’est justement être incapable de regarder le monde tel qu’il est : paradoxal et complexe.
L’inintelligence, c’est de fonder sa conception du monde avec une seule idéologie (Le marché pour les uns, l’appartenance pour les autres) alors que la réalité n’est pas réductible à un seul facteur, à un seul schème explicatif.
Et l’inintelligence, c’est aussi et surtout ce tromper d’échelle, ou mettre sur le même plan des faits qui se déroulent à des échelles différentes. Le monde quantique n’a pas les mêmes lois que le monde classique ; une goutte d’eau est de la gelée à l’échelle du millimètre (une fourmi ne peut même pas la boire !), une carte au millionième ne montre pas les mêmes dynamiques spatiales qu’un plan cadastral.
Rien de plus débile, notamment, que l’idéologie libérale qui met en concurrence la micro-entreprise avec la multinationale en leur appliquant les mêmes règles ; rien de plus crétin de croire que de mettre en concurrence les petits commerçants avec les grandes surfaces.
Le monde crève de ces idéologies dépassées, pauvres intellectuellement car ramenant tout à un seul dogme. le néolibéralisme, dans lequel se sont reconvertis les anciens admirateurs de mao et Pol-Pot est en effet du prêt à penser formaté pour les petits cerveaux et les esprits faibles.
Comment des jumeaux peuvent-ils être génétiquement “rouges” ou “bleus” ?
Comment cela se serait-il traduit dans une société du beau Moyen-Age où ces concepts n’existaient pas ? Où par exemple, les guildes d’artisans étaient le moteur du progrès ?
Votre référence au darwinisme relève de la pseudo-science. L’évolution, ce n’est pas la concurrence malthusienne de tous contre chacun, et de nombreux phénomènes interviennent (mutations neutres, isolement des populations et dérive, génétique, capacité d’association et d’entraide…).
L’évolution au sens biologique du terme, aujourd’hui, rejoint les intuitions de Kropotkine :l’entraide, un facteur de l’évolution.
mais tout cela est inaccessible à des énarques formatés qui n’ont jamais étudié de science, et s’imaginent que leur soupe juridico-administrative a une quelconque valeur intellectuel.
Merci pour ce post qui me permet aussi de revenir sur le post “libertarien” de mars 2005 !
Il faut bien sur définir ce qu’est la “droite” et ce qu’en font des couples tel Sarkozy et l’UMP. Car pour moi le distingo, au moins pour le libéral, c’est l’étatisme contre l’individu et la responsabilité personnelle de ses actes. Et si la “gauche” c’est plus de redistribution collectiviste - d’ailleurs pour le premier bénéfice des politiciens de tous bords “redistributeurs - la “droite” n’est pas, n’a jamais été son opposition. Et l’UMP est tout autant tourné vers le clientélisme électoral que peut l’être le PS. Alors l’amalgame de Sarkozy et du libéralisme - quel qu’il soit d’ailleurs - est de la simple désinformation visant à faire diaboliser le libéralisme par tous les détracteurs de Sarkozy. Que pouvons-nous y faire si ce n’est qu’invariablement remettre le “verbe” sur la vraie opposition libérale ou collectiviste, l’individu d’abord ou l’étatisme.
Pour ce qui est des gènes de cet article et du QI, il faut même aller plus loin en matière d’étude ethnologique sur l’étude macroscopique des ethnies, sujet tabou du politiquement correct, alors que dénoncer les réalités n’a rien de raciste, tant tous les chemins sont bons sur notre vaste monde.
Même si chaque ethnie renferme leur sein des génies, il est indubitable que pris dans leur ensemble ces ethnies issues des mêmes gènes, ont des niveaux de QI et d’adaptabilité à telle ou telle forme de société, bien disparates. Il n’y a qu’à voir ne serait ce que la “communauté” française qui est globalement incivique qui voudrait bien un modèle social à l’anglo-saxon ou à celui des nordiques.
Alors il devient évident que le libéralisme dans des populations africaines parfois archaïques, c’est d’abord “le loup et l’agneau”, mais c’est aussi la voie à donner leurs chances à ceux qui sortent du lot culturel et qui ne font pas partie de l’ethnie dominante. Car le maître-ouvrage du libéral, c’est bien de permettre à chacun quelque soit son origine d’atteindre les premiers rangs si sa valeur le lui permet.