Histoire de mur(s)
Lu chez Hugues :
J’essaie de me tenir au courant, même si j’évite d’en parler ici trop souvent, des aventures de nos amis israélo-palestiniens. Mais vu le petit travers maniaco-dépressif de leur actualité, les phases down succédant aux phases up avec une agaçante régularité, les vraies surprises sont rares.
Je découvre pourtant l’existence d’un mur séparant Gaza de l’Egypte, mur dont je n’avais jamais entendu parler avant que des gazaouites chauffés à blanc par le blocus ne le fassent tomber. Il a d’ailleurs fallu plusieurs jours aux médias avant d’appeler un chat un chat et de qualifier cette construction de trois à six mètres de haut de « mur » stricto sensu, les vocables euphémisants et connotés de « barrière » et de « clôture » ayant d’abord été utilisés.
Je n’ai pas de sympathie particulière pour le rempart de béton érigé plus à l’Est par Israël pour se protéger des suicide bombers ― même s’il semble remplir sa mission. Je suis aussi scandalisé que n’importe qui par son tracé illégal, empiétant sur les propriétés palestiniennes et aggravant encore les conditions de vie des Cisjordaniens. Je m’étonne pourtant de ce que le même procédé, utilisé par les Egyptiens, n’ait jamais été évoqué auparavant.
Bon, pour être tout à fait honnête, on rappellera que les Israéliens eux mêmes, avant leur départ de Gaza, avaient élevé ce mur. Et qu’ils accusent volontiers Moubarak de ne pas être à la hauteur question contrôles et entretien. Pour autant, construit par les uns et préservé par les autres, il garde le même objet : tenir le Hamas en respect.
Dans un livre aux accents franchement antisémites, l’ex-journaliste de RFI Alain Ménargues développait la théorie selon laquelle « le mur de Sharon » était le symbole du racisme dont le judaïsme (oui, le judaïsme, pas le sionisme) serait porteur. Ah, vraiment, je regrette de ne pas savoir ce que ce spécialiste des « ghettos volontaires » dirait de ce mur-ci…

