26 octobre 2007

Un roman sentimental

> romantique — Copeau à 15:57

On parle beaucoup ces jours-ci du dernier roman de l’académicien Alain Robbe-Grillet, intitulé Un Roman sentimental, de manière fort peu à propos, si j’en crois la substantifique moëlle de la prose de l’auteur. Je ne suis pas sûr de pouvoir vous résumer en plus d’une phrase le sens de cette nouvelle, qui raconte les pérégrinations et les rencontres plus ou moins forcées de la jeune héroïne dans un mode de vicelards pervers et sadiques. Je ne m’étendrai pas sur le sens des élucubrations séniles d’un Immortel en mal de sexe, je voudrais seulement citer ce petit passage qui illustre selon moi le fait que cet auteur ne saurait être totalement mauvais :

Mais il lui faut montrer maintenant que sa main ne tremble pas plus s’il s’agit de la jolie fillettefrivole dontl’innocence constitue seulementunattrait supplémentaire pour le bourreau aguerri. Elle enfonce donc profondément son aiguille en plusieurs points très douloureux, la retirant ensuite à chaque fois : dans les aines, le pubis, les aisselles, la taille, les hanches… La petite fille est secouée par les convulsions d’une souffrance si aiguë que sa vulve saigne à flots.

Bigre, on dirait du Copeau, mais en mieux. Le Monde des livres ajoute au passage :

Des clitoris seront arrachés pour être dévorés tout crus, des tranches de seins et de fesses seront passées au gril, la jouissance ira jusqu’à l’évanouissement, le sang et le sperme jailliront de toutes parts.

J’invite donc tous les amoureux de Justine à jeter un oeil ou deux sur cet ouvrage, qui fera parler de lui je pense. Comme l’a dit Alain chez Taddéi :

On confond de plus en plus le fantasme et la réalisation du fantasme. Or c’est exactement le contraire. Quelqu’un qui écrit, en général, est quelqu’un qui se soigne lui-même, qui soigne sa perversion en l’écrivant” ; “En tout cas, j’ai Aristote avec moi pour défendre cette thèse, celle de la catharsis. Le lecteur va être purgé de ses passions grâce à mon livre”.

Dont acte.