22 octobre 2007

Contre Môquet

> philosophique, politique — Copeau à 13:35
J’aimerais bien savoir pourquoi, en France, on considère ce Guy Môquet comme ayant été un résistant au nazisme. Tout ce que ce gamin a fait, ce ne fut jamais que de l’agit-prop communiste concoctée dans le cadre du pacte germano-soviétique, et il fut arrêté non pas pour avoir résisté aux Allemands, mais suite à la législation Daladier de 1939 qui poursuivait les communistes accusés de défaitisme et de collaboration avec l’ennemi.
Alors ce n’est pas d’instrumentation qu’il faut parler, mais d’arnaque. Considérer Môquet comme un résistant, c’est insulter les dizaines de milliers de résistants français qui, eux, luttèrent réellement contre les occupants allemands.

Tout est dit.

22 réactions »

  1. Higgins dit le 22 octobre 2007 à 17:10

    Un peu sévère pour ce pauvre garçon: mourir 17 ans est une triste destinée et personnellement, je trouve cette lettre empreinte de dignité lorsqu’on connaît les circonstances dans lesquelles elle a été écrite . Par contre, entièrement d’accord avec toi, Copeau, quant à l’exploitation politique qui est faite de ce drame. Par moment, je pense au roman de Marcel Aymé, “Uranus”, quand j’entends certain commentaire sur le “brevet de résistance” que de nombreux intervenants s’octroient sans vergogne.

  2. Copeau dit le 22 octobre 2007 à 17:28

    La récupération politique est détestable, elle est surtout fausse et proche de l’escroquerie. La mort d’un collabo du temps du pacte germano-soviétique me laisse froid. La mort d’un ado de 17 ans reste, bien sûr, une tragédie. Et sa lettre mêle ces deux derniers aspects. Ce n’est pas moi qui nierait le fait que, devant la mort qui approchait, il a fait preuve d’une grande dignité et d’un grand courage. Ceci n’excuse pas cela.

  3. olivier dit le 23 octobre 2007 à 12:47

    Ce que je ne comprends pas dans le soi disant symbole de cette lettre, c’est à qui elle s’adresse aujourd’hui ?
    Sommes-nous en guerre ? Quel rapport entre cette execution et la situation de la france aujourd’hui ? Non, vraiment je ne comprends pas. Je ne vois même pas l’éloge de la nation dans ces lignes, certes émouvantes, mais loin d’être une ode à la mère patrie. En matière d’integration subliminale collective, je pense qu’il y a mieux à faire que lire cette lettre qui n’a aucun sens en 2007, en France. Les mystères de l’alignement doctrinal sont décidemment impénetrables !

  4. Copeau dit le 23 octobre 2007 à 13:34

    Tu as bien évidemment raison. Lire cette lettre aux lycéens n’a aucun sens, vraiment aucun sens. La lire aux joueurs de rugby n’en a pas plus, soit dit en passant.

  5. olivier dit le 23 octobre 2007 à 13:50

    C’est la porte ouverte à tous les amalgames, si j’ose dire !!!

  6. Higgins dit le 24 octobre 2007 à 9:31

    Pour expliciter tes dires, Copeau, un article paru ce jour sur AGORAVOX (voir les deux premiers commentaires pour info):
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30700

  7. carthago dit le 24 octobre 2007 à 20:54

    bonjour, c’est en effectuant une recherche sur les dérives socialistes lyonnaises que j’ai découvert votre blog. Mon message n’a rien à voir avec Guy Moquet mais plutôt avec Lèo Lagrange un autre résistant, dont la mémoire est largement foulée au pied. Mon appel est honnête et à tout à voir avec la recherche de la justice ; si vous lisez la presse de Midi Pyrénées vous verrez que les choses n’y sont pas toujours rose… Bref, je cherche à savoir si le maire de feyzin a été jugé ou si son affaire traine toujours. Pouvez-vous me renseigner, svp?

  8. Copeau dit le 25 octobre 2007 à 10:57

    Non, je n’en sais strictement rien.

  9. Pierre Dantan dit le 25 octobre 2007 à 13:46

    C’est la même lettre qui fut lue à notre équipe de rugby, juste avant son match avec l’Argentine. Et nos joueurs fortifiés, galvanisés par la harangue, de livrer leur pire match (quoique) de la coupe. On retrouve dans tout ceci cette éternelle tentation de faire éprouver de la culpabilité en jouant sur la tristesse de la situation invoquée. N’importe quel spécialiste en agit-prop vous dira qu’il s’agit là d’une des plus grosses ficelles de leur métier, une ficelle qui marche presque à tous les coups.

    Dans le cas du rugby, sauf à dire que celle-ci était en train d’être soumise à une forme ou une autre de psychanalyse ou d’étude transactionnelle, je ne vois pas vraiment l’intérêt de la lecture.

    Cette invocation de la culpabilité est plutot d’habitude utilisée pour nous soutirer d’une manière ou d’une autre de l’argent (attendez la suite du Grenelle de l’environnement et vous verrez le rapport entre la fin du monde et vos finances personnelles).

    Bon, lire cette lettre dans les écoles, là, le but est à vrai dire un peu flou, ou alors si profondément enfoui que le vulgum pecus auquel j’appartiens n’en perçoit pas l’intention.

    Par ailleurs, force est de dire que les communistes ont tellement distordu, contrefait l’histoire à la libération, qu’il n’est même pas évident qu’il s’agisse d’un authentique. Après tout, d’un simple tour de passe passe, malgré leur alliance voulue et signée avec Hitler, n’ont-ils pas réussi à nous faire croire qu’ils avaient toujours été les ennemis des Nazis? Et de faire de Mussolini, cet anarchiste puis socialiste dans l’âme, un fasciste d’extrême droite dans l’Histoire telle qu’il l’ont réécrite. Hmmm?

  10. edmond dit le 26 octobre 2007 à 12:25

    “La mort d’un collabo du temps du pacte germano-soviétique me laisse froid”

    Voilà un jugement bien dur et dépourvu d’ humanité à l’encontre d’un jeune homme de 17 ans pris dans un contexte idéologique si précis et si tendu. Moi, je diras : erreur de jeunesse , de jeunesse pleine d’espoir (et je n’ai jamais été communiste, ni meme gauchiste d’ailleurs)
    Erreur de jeunesse qui me parait plus compréhensible (j’allais dire excusable) qu’un adulte libertarien qui a longtemps collaboré avec son pire ennemi, l’Etat (à ce que tu dis tu n’es plus fonctionnaire mais tu l’as été et pas qu’un peu) en continuant à donner des leçons de morale.C’est d’ailleurs curieux, la moitié des libertariens sont fonctionnaires. Ils ont chaque fois l’excuse de ne pas pouvoir faire autrement (ah ah ah) .Moi, je n’ai jamais été fonctionnaire alors que mon métier (professeur) m’y prédisposait et m’y cantonnait presque .
    Alors, un peu d’humilité et de mise en perspective à la place des grrrrrrrrands principes et des grandes leçons ex catedra.
    Bon, maintenant, la récup politique de ce gamin est odieuse mais peu en disconviennent, c’est devenu une tarte à la crème.

  11. Copeau dit le 26 octobre 2007 à 12:30

    Tu as lu la première phrase de ma réponse juste pour la sortir de son contexte et donc me prendre pour un con, ou bien es-tu allé au-delà ? (jusqu’à la deuxième phrase, ce n’est pas surhumain). Au demeurant, je ne vois pas ce que les libertariens viennent foutre ici, ou, pour dire les choses autrement quoiqu’encore de manière grossière, du libertarianisme, je m’en torche le cul en général et ici en particulier.

    Tu ne feras pas de moi un collectiviste, et je me contrefous de savoir s’il y a des libertariens fonctionnaires, je n’en suis pas (ou plus, tu as raison) un. Chacun fait ce qu’il veut.

  12. edmond dit le 26 octobre 2007 à 12:58

    1.Cool, boy, j’ai lu l’ensemble . Je commentais juste un phrase (mise en exergue) et rien d’autre. J’ai lu la suite et je ne te prends pas pour un con (sinon, je le serais aussi à trainer chez toi). Mais la phrase commentée, elle pas jolie, jolie.
    2.En quoi est ce que j’essaierais de faire de toi un collectiviste (cite mes phrases à ce propos, que je puisse juger)? Collectiviste, toi? Ca ne m’est jamais venu à l’esprit.
    3.Tu n’es plus fonctionnaire mais tu l’as été et pas qu’un peu. Maintenant, je n’en sais pas plus puisque tu recours à l’anonymat et au pseudo(valable pour les lopettes si j’en crois ton propre blog).
    4. Pas collectiviste mais je te crois donneur de leçons, ça oui. Ecrire que ce jeune boy était un collabo alors que son engagement à cette époque du monde était probablement au moins plus romantique qu’autre chose, c’est un peu dur, je maintiens. PLus romantique et moins cynique qu’avoir été libertarien et fonctio….bon, ça, j’ai déjà dit.
    5. Un amoureux de la liberté devrait aimer ses trolls. Quoi de plus beau quand tu aimes la liberté de pensée que quelqu’un qui n’est pas de ton avis. Tu dis ne rien respecter, alors ce serait dommage que tu veuilles que les autres te respectent.

  13. Copeau dit le 26 octobre 2007 à 13:10

    hé hé… bonne réponse, l’ami.

  14. edmond dit le 26 octobre 2007 à 13:12

    Ce n’est pas la première fois que tu me reproches de parler de libertariens et de fonctionnaire quand je parle de toi ou que je commente tes posts . Erreur donc selon toi. A ma décharge, camarade (ou “compagnon” en fonction de la version de la lettre de Guy Moquette), je relis ta présentation à droite de ce blog et je lis en ouverture “Bonjour, je suis un ancien haut fonctionnaire et pourtant libertarien,…”
    Bref, tu ne rentres dans la blogosphère pas en simple individu mais avec une forte connotation, librement consentie (pour utiliser vos termes). Si tu dis aussi ouvertement tes orientations politiques, ne viens pas reprocher qu’on les utilise. Un peu comme certain communiste du temps passé qui en fonction de leur orientation politique de jeunesse ne peuvent plus etre seulement”un ado de 17 ans” mais aussi “un collabo du temps du pacte germano-soviétique” pour l’éternité.

    La poupoutre et la papaye, en somme

  15. Copeau dit le 26 octobre 2007 à 13:45

    Je donne cette précision à un seul titre informatif. J’ai longuement hésité à faire apparaître ce terme de libertarien, et cette qualification d’ancien HF. Peut-être est-ce une mauvaise idée, si ça amène les internautes qui me lisent (ils tiennent dans une cabine téléphonique, hein) à trop m’assimiler à un collectif dont je suis loin de partager tous les penchants.

  16. edmond dit le 26 octobre 2007 à 13:58

    En effet, faudrait y réfléchir. D’ailleurs, si je ne trolle que chez toi, c’est que les autres me paraissent irrécupérables.

  17. toto dit le 1 novembre 2007 à 17:01

    >”“La mort d’un collabo du temps du pacte germano-soviétique me laisse froid””

    Dégueulasse ! surtout sachant que :

    Le 14 juin 1940, les Allemands entrent dans Paris. Guy continue de distribuer des tracts. On lit sur l’un d’eux : «Des magnats d’industrie (Schneider, de Wendel, Michelin, Mercie,…), tous, qu’ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l’ont contraint à subir l’occupation étrangère.»

    http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/259277.FR.php?mode=PRINTERFRIENDLY

  18. Copeau dit le 1 novembre 2007 à 17:39

    Comme l’écrit Wikipédia :

    Les Allemands purent ainsi envahir la France par une Blitzkrieg, avant de s’appuyer sur ce front ouest pour se retourner finalement contre l’Union soviétique, l’envahissant le 22 juin 1941 (opération Barbarossa), rompant ainsi de facto le pacte.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_Molotov-Ribbentrop

  19. Copeau dit le 1 novembre 2007 à 17:41

    Guy Môquet n’était pas un résistant, c’était un militant communiste. C’est d’ailleurs à ce titre que Pucheu le choisit parmi les fusillés.

  20. toto dit le 1 novembre 2007 à 19:30

    >”Guy Môquet n’était pas un résistant, c’était un militant communiste”

    la réalité semble plus nuancée! GM était bien communiste (oui et alors ?) mais ses actes de distribution de tracts dès 1940 contre “l’occupation étrangère” tendent à montrer son hostilité active contre l’envahisseur nazi. Et hostilité active = résistance !

    Cela étant dit je suis contre la récupération politique qu’en a fait Sarkozy .

  21. Copeau dit le 1 novembre 2007 à 21:33

    Faire de Guy Môquet et de ses vingt-six camarades des “résistants de la première heure” relève de la téléologie, puisque la plupart d’entre eux ont été arrêtés en un temps où le PCF, pris dans la logique du pacte germano-soviétique, était tout sauf résistant. Après avoir mis au rayon des accessoires son antifascisme, condamné une guerre devenue “impérialiste” et appelé plus ou moins ouvertement au sabotage de l’effort de guerre au printemps 1940, le Parti a profité de l’effondrement militaire de la France et de la chute de la République bourgeoise pour prendre à l’été 1940 une série d’initiatives qu’aucun martyre ultérieur ne saurait effacer : tractations avec les autorités d’occupation pour la reparution de la presse communiste dont les arguments désormais connus donnent une idée du “patriotisme” du Parti.

    Guy Môquet, arrêté le dimanche 13 octobre 1940 à la gare de l’Est par trois policiers de la préfecture de police, agissant “sur indication”, revendique dans sa déposition avoir voulu remplacer son père, le député communiste Prosper Môquet, militant depuis 1925, élu lors des élections de 1936, invalidé et condamné par la IIIe République pour son refus de désavouer le pacte germano-soviétique.

    Jeune lycéen exalté, il a dès son plus jeune âge baigné dans une culture politique bolchevique, porteur de la tradition familiale stalinienne, par ses parents, par ses oncles et tantes qui travaillent pour l’appareil clandestin du Parti. Les tracts qu’il distribue en cet été-automne 1940 s’inscrivent totalement dans la ligne du Parti et n’appellent donc pas à la résistance.

    Prisonnier de la logique d’un parti enfermé dans les compromissions de l’alliance Staline-Hitler, Guy Môquet n’a pas pu être le “résistant” qu’on célèbre à tort. Ses camarades des Jeunesses communistes ont en revanche constitué, à l’été 1941, après l’offensive de la Wehrmacht contre l’Union soviétique, le fer de lance de la lutte armée initiée dans la plus totale improvisation par le Parti.

    LE MONDE | 22.10.07

  22. Copeau dit le 1 novembre 2007 à 21:34

    Du reste, la lecture de cette lettre est une opération politicarde totalement ratée, qui est retombée comme un soufflé :

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30666

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