12 juillet 2007

Lang, yuppie cultureux quoique traître à la Noble Cause

> politique, ubique — Copeau à 10:59

Jack quitte le PS, pour rejoindre la commission Balladur chargée, en gros, de la réforme des institutions. Jack est un type sympa, on dirait presque Chirac plus jeune ; toute la boboïtude l’a adulé, lui qui l’incarnait presque. Pourtant, Jack n’était pas seulement un adepte des geuletons sans prétention mais gratuits de Blois ; ce fut aussi, jadis, dans une aile du Palais-Royal, du temps de la splendeur du ministère de la Culture - Acte I du rayonnement interstellaire de Mitterrand, un joyeux yuppie de l’Etat culturel, spécialiste du triple cocktail mondain par jour, et qui faisait baver d’envie les très ascètes conseillers d’Etat situés dans l’aile d’en face.

Battu à Blois, Lang se réfugia à Paris, pensant qu’une telle figure de proue, pressentie aux présidentielles de 1995 voire 2002, allait voir le tapis rose se dérouler sous ses pieds rue de Solférino. Il n’en fut rien et, las, désabusé devant tant d’injuste incompréhension, il quitta cette terre inhospitalière pour conquérir une circonscription gagnée d’avance dans le Pas-de-Calais. Mufles, les Nordistes ne l’élirent qu’avec un étriqué 54% au second tour, score indigne d’une telle Majesté. Piqué au vif, c’est bien légitimement que Jack leur fit alors, à toutes et tous, un doigt d’honneur en rejoignant la commission Balladur. Voilà en quelques mots le parcours de la figure de proue sondagèsque du PS, ou plutôt brillant second derrière l’autre traître Kouchner.

Accessoirement, on me dit dans l’oreillette que Lang serait un prof de droit public réputé, bien plus qu’un cultureux. Je demande à voir, n’étant pas totalement débutant en matière de droit public, et n’ayant pour autant jamais entendu parler de lui dans les milieux académiques autorisés, où on s’autorise à penser qu’il manque d’autorité mais pas d’ambition, comme aurait peut-être dit Coluche.

9 réactions »

  1. Higgins dit le 12 juillet 2007 à 17:51

    Pour paraphraser le sieur Lang: “Formidâable!!!”.

    L’errance élective à laquelle Djack s’est livré depuis son éviction de la mairie de Blois ne témoigne-t-elle pas du mépris qui anime notre classe politique envers l’électorat? Ou encore, les ors de la République ne sont-ils pas un poison subtil mais tellement pénétrant qu’une fois qu’on y a gouté, il est impossible de s’en affranchir?

    Que l’actuel PS, avec sa noblesse de robe (qui n’aime pas les riches comme elle aime à le rappeler au bon peuple), s’en aille à veau-l’eau ne peut que me réjouir (un dessin très drôle de Pétillon à la une du Volatile de la semaine résume parfaitement cette descente aux enfers). Il va falloir autre chose que des mots (creux comme l’a indiquée une certaine candidate malheureuse) et des slogans (imbéciles en règle général) pour qu’une opposition crédible voit le jour. En attendant, NS s’est ouvert un boulevard avec sa stratégie d’ouverture dont on voit mal ce qui pourrait l’obstruer dans un avenir proche.

    Marc Bloch, dans “l’Etrange défaite” fustige, entre autres, comme responsable de la défaite de 1940, une bourgeoisie avilie, des syndicats ouvriers ou de fonctionnaires braqués sur “leurs petits sous”, sur “les profits su présent”, un système éducatif où “règnent les fils de bourgeois”, “la ‘le qur leury (c

  2. Higgins dit le 12 juillet 2007 à 18:02

    Sorry, j’ai envoyé le texte avant qu’il ne soit fini. Le voici donc:

    Marc Bloch, dans “l’Etrange défaite” fustige, entre autres, comme responsable de la défaite de 1940, une bourgeoisie avilie, des syndicats ouvriers ou de fonctionnaires braqués sur “leurs petits sous”, sur “les profits du présent”, un système éducatif où “règnent les fils de bourgeois”, “la cooptation”, “la routine, la bureaucratie, la morgue collective”, “le bachottage et la méfiance envers l’initiative et l’observation” et “un marxisme figé hostile à toute hérésie”. L’histoire ne se répète pas mais, indubitablement, beaucoup de ces constats s’appliquent à notre société et au PS en particulier.

    Le célèbre Jack, qui restera surtout dans l’histoire pour la Fête du mois dernier, m’est toujours apparu comme un digne représentant de cette coterie qui a conduit notre société dans l’impasse actuelle. Même si j’approuve, dans l’esprit, la politique d’ouverture menée, le fait que l’intéressé y succombe en dit long sur le sérieux de ses convictions!!!

  3. Higgins dit le 12 juillet 2007 à 19:35

    Du fait de ma mauvaise manip, j’ai oublié de préciser qu’une bonne partie de la droite mange au même râtelier que Jack et consort. Dans ce paysage, il est difficile de positionner clairement NS. Disons qu’il est bonapartiste teinté de (bien trop peu) de libéralisme. Nous sommes obligés d’attendre cinq ans avant de pouvoir juger les résultats.

  4. Harald dit le 12 juillet 2007 à 20:55

    Que pouvait on attendre d’autre de la part de ce spécimen emblématique de nos politiciens qui considèrent depuis bien longtemps la politique comme une carrière en lieu et place d’une vocation?

  5. Copeau dit le 13 juillet 2007 à 9:22

    Tout ce que vous dites en indubitable, en effet. Cela étant, je ne parviens pas, et ne parviendrai jamais je crois, à trouver une once de supériorité, de préférence, à la droite dirigiste plutôt qu’à la gauche dirigiste. Ce n’est peut-être pas le même dirigisme, mais c’est du dirigisme quand même.

  6. Higgins dit le 13 juillet 2007 à 9:37

    Je pense être profondément libéral. Il semblerait qu’un DSK soit un parfait représentant de la gauche libérale qui manque tant à notre pays. Il est dommage qu’il se soit laissé aller à soutenir des propositions aussi ineptes que les 35 heures ou l’ISF. Autant, j’ai apprécié la politique de cette chère Margaret en GB, autant je me retrouverai plus, si j’étais sujet de sa gracieuse majesté, dans la politique mise en place par un parti travailliste qui a exorcisé ses vieux démons.

    En matière de dirigisme, qu’il soit de droite ou de gauche, il semblerait que la population française soit historiquement, et presque viscéralement, attachée à ce dirigisme. Le troupeau a toujours besoin d’un meneur (le Général ne disait-il pas que les français sont des veaux). Cette tendance lourde, au sein de notre société, explique peut-être l’échec récurrent du libéralisme dans notre pays.

  7. Harald dit le 13 juillet 2007 à 10:28

    Ceci dit si on devait comparer le dirigisme d’avant la guerre a celui né après la libération on s’apercevrait bien vite que la situation de nos anciens était nettement enviable ne serait-ce qu’en raison du planisme sovietoïde et autres billevesées du même ordre. En outre ce bon général a cru bon de doter le pays d’une école d’administration dont on connait les bienfaits. Comme si auparavant il n’y avait pas eu de hauts fonctionnaires.

    Si les français dans leur majorité sont attachés à une certaine forme d’état centralisateur, encore que cette tendance soit véritablement née après la fronde, ils sont devenus accros avec la naissance de l’état-providence.

  8. contact@carnets-lyonnais.fr dit le 13 juillet 2007 à 13:45

    Bonjour,
    je me permets rapidement de faire un peu de pub pour un nouveau blog lyonnais, celui de Jean Michel Daclin que vous retrouverez à cette adresse : http://www.jmdaclin.fr
    http://www.carnets-lyonnais.fr

    Désolé d’avoir interrompu provisoirement votre échange.

    Cordialement,

  9. Copeau dit le 13 juillet 2007 à 14:17

    Y’a pas de mal, je ne censure jamais les esprits libres qui s’expriment. Bienvenue dans la blogosphere, donc.

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