Récidivator
Le projet de loi Dati sur les peines planchers et la récidive va bientôt être présenté à l’Assemblée. Je note que les lois de décembre 2005 et mars 2007 viennent à peine d’entrer en vigueur, et qu’il est donc étonnant (je feins l’étonnement) de remettre si tôt le couvert sécuritaire. Passons.
Je voudrais en revanche me faire l’écho d’un papier signé de Nathalie Guibert, paru dans le Monde du 27 juin 2007. Celle-ci rappelle fort à propos que l’idéal libéral issu de la Révolution française visait, qu’on le veuille ou non, à amender les détenus, même récidivistes, et ne se focalisait donc pas sur la seule et unique peine. C’est un rappel d’importance, qui nous sort un peu de l’ornière classique prévention / répression, et qui oublie un peu vite que la France révolutionnaire, pour ne citer qu’elle, faisait bien plus de répression que de prévention, et que la prévention n’est pas tant l’apanage de la gauche que des libéraux.
Plus encore, lorsqu’il s’agissait de sortir d’un angélisme exterminateur (pour parler comme Alain-Gérard Slama), c’était au nom d’un projet humaniste et constructif bien éloigné des considérations actuelles. Reconquérir sa liberté, reconstituer un foyer, gagner sa vie par le travail, tels étaient les trois objectifs complémentaires assignés au système pénal. Et on considérait, suite aux recherches menées par un magistrat répondant au nom de Tocqueville, que le système pénitentiaire brut et l’absence d’anticipation de la réinsertion des prisonniers dans la société étaient les deux principaux vecteurs de l’accroissement de la criminalité et de la récidive. Ce n’était pas l’angélisme des préventionnistes, c’était l’utilitarisme des examinateurs de l’efficacité des modes de répression.
Aujourd’hui, l’efficacité de la loi pénale n’est même plus un sujet de discussion. Merci Sarko.

