18 juin 2007

Millenium 1 - Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

> romantique — Copeau à 15:31

Voici un long moment que je n’ai donné signe de vie ici. Je vous prie, fidèles quoique clairsemés lecteurs, de m’en excuser. Olivier nous a conseillé, il y a peu, un polar intitulé Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, du Suédois Stig Larsson. Comme j’écrivais par ailleurs tout le bien que je pensais, en général, du désormais célèbre Henning Mankell (voir , et ), il me fallait donc de toute évidence et avec célérité me pencher sur cet auteur que je connaissais pas, tant je ne doutais pas un seul instant des goûts et des conseils de l’excellent Olivier.

Evidemment, j’ai été parfaitement satisfait par la qualité, tout bonnement excellente, de ce premier volet d’une trilogie baptisée Millénium, du nom de la revue que publient, à Stockholm, deux des principaux protagonistes et néanmoins amants, Mikael Blomkvist et Erika, la directrice du journal.

Sans vouloir vous dévoiler l’intrigue, je vous conseille de vous jeter sur ce bouquin sitôt que vous le trouverez. Larsson a un sens inné de la narration, de l’agilité imaginative, du tempo, du style. J’adore cet air de ne pas y toucher, qui débute comme une histoire de magouilles diligentées par d’obscurs capitaines d’industrie, qui, par le détour d’un vieil industriel sénile, obsédé par la mort de sa nièce dans les années soixante, vient à prendre une toute autre dimension. Du grand art.

Ce bouquin, certes, respire le politiquement correct, c’est un peu bobo-féministe, mais ça n’enlève rien à sa qualité, au contraire je dirais, ça lui donne une coloration particulière et non filandreuse. D’autant qu’il y a en réalité dans ce polar non pas une mais au moins deux intrigues, celle que je viens de citer, et la vie obscure et déjantée d’une freak piercée et tatouée, au look goth-grunge assumé du haut de son anorexie, sous curatelle et pourtant géniale, répondant au doux nom de Lisbeth Salander. La conjonction de l’érotomane pisse-bleu et de la junkie numérique formera un cocktail détonant.

A lire, ou plutôt à dévorer très vite. Je chroniquerai sans doute très bientôt le tome 2, La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une alumette. Et peut-être aussi le tome 3, le dernier, puisque Larsson a eu la très mauvaise idée de disparaître soudainement à peine son manuscrit arrivé chez son éditeur.

17 réactions »

  1. olivier dit le 19 juin 2007 à 7:30

    J’ai donc entamé le deuxième tome, le troisième sortant normalement en septembre. Ayant le projet d’ecrire un polar dans les prochains mois, mon deuxième roman étant quasiment achevé, je me suis plongé dans Mankell, grâce à toi Copeau, puis dans larsson, par l’intermédiaire d’un ami, Stéphane, que je salue au passage. Le propre du polar selon moi, est de capter toute l’attention du lecteur dès la première page, le plongeant dans une athmosphère hypnotique. Je dois avouer que l’intro “des hommes…” est phénoménale. Elle suggère sans rien dévoiler, une fleur sechée dans un cadre, un homme qui téléphone à un autre, lui demande de quelle espèce il s’agit….et la machine narrative est en route. Larsson sait éviter les pièges, les écueils narratifs et malgré la longueur du roman, le lecteur ne decroche pas une seconde. J’ai lu ce roman en deux jours…c’est dire.
    Le personnage de Blonkvist est bon, mais c’est sans aucun doute celui de Lisbeth qui retient notre attention, sans dévoiler le second tome, ou, apparement, je viens de l’attaquer, elle se la joue en solo.
    Il est difficile de parler d’un polar sans en révéler l’intrigue, alors je m’arrète là, mais je me joins à Copeau dans son invitation à lire ce bouquin.
    ps
    avant de finir le deuxième tome, je vais lire “avant le gel” de Mankell et posterai enfin un billet détaillé sur l’ensemble de son oeuvre.

  2. Copeau dit le 19 juin 2007 à 12:34

    Billet que j’attends avec impatience, que je me propose d’héberger ici comme il se doit, c’est-à-dire comme un billet à part entière et non un simple commentaire, si tu en es d’accord, bien évidemment.

  3. olivier dit le 19 juin 2007 à 12:54

    Avec plaisir Copeau ! le temps de lire avant le gel et je m’y colle !!

  4. Copeau dit le 19 juin 2007 à 17:01

    Bonne lecture alors !

  5. olivier dit le 26 juin 2007 à 8:37

    mon billet sur mankell est finit
    veux-tu que je le poste en commentaire ou bien je te le fais parvenir par mail ?

  6. wytlyt dit le 27 juin 2007 à 10:54

    je lis ce post, je me le “bloc note” et je vois q’un article viend de “tomber” sur libe.fr…
    http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/263400.FR.php

  7. Copeau dit le 27 juin 2007 à 11:12

    Très intéressant, merci. Au passage, l’article dont parle Olivier est à présent disponible ici.

  8. marc dit le 21 août 2007 à 14:51

    ces romans qui s’enchaînement parfaitement se lisent parfaitement bien. On a ensuite un grand sentiment de frustration puisque le tome 3 n’est pas encore publié mais il doit l’être courant octobre en anticipant sur les prévisions initiales d’Actes sud puisque les ventes sont bonnes parait il et c’est tout à fait justifié…

    Pour qui connait la Suède, l’action est parfaitement localisable (encore plus sur le tome 1 qui fait appel plus aux voyages que le 2) si l’on accepte que la ville où se déroule une bonne partie de l’intrigue en dehors de Stockholm et de l’archipelago a changé de nom, le narrateur craignant probablement d’être trop précis dans sa description…
    les livres sont en outre intéressants sur les images qu’il permet d’avoir sur le fonctionnement de ces sociétés évoqués comme modèles dans ces derniers mois (la masse d’informations disponibles par le grand public dès que l’on connait le numéro national d’identifiant ‘équivalent de notre numéro de sécu est en effet important mais certains services : Säpo, services sociaux, mairies et imports en connaissent plus encore mais finalement autant que chez nous), en outer, les personnages sont bien le reflets non eds suédois bobos mais des 40-50 ans biens pensants actuels… quand au problèmes de société ils émergent juste comme il faut !
    A lire et à relire

  9. Copeau dit le 21 août 2007 à 17:10

    Absolument. J’ai pondu par ailleurs un billet sur le volume 2, je ne l’avais pas linké ici, voici qui est fait à présent

  10. Béatrice dit le 20 septembre 2007 à 9:48

    la libraire, qui est une copine, m’a dit lorsque j’ai acheté le 3ème tome de Millénium, le jour de sa sortie ! comme je t’envie de ne pas l’avoir encore lu!! je confirme, lecture faite. La série finit en apothéose !

  11. Copeau dit le 21 septembre 2007 à 7:43

    J’en entame la lecture dans quelques jours, j’en ai déjà l’eau à la bouche ! Merci Béa !

  12. pan dit le 27 septembre 2007 à 11:14

    Merci pour cette critique, Copeau. Je viens de terminer le premier et ça se lit vraiment vite. Très chouette polar. Je me réjouis de lire les deux suivants.

  13. Copeau Reloaded » La reine dans le palais des courants d’air - Millenium 3 dit le 25 octobre 2007 à 20:41

    [...] le savez, j’ai déjà chroniqué les deux premiers volumes de la trilogie de Stieg Larsson ici et [...]

  14. Copeau dit le 25 octobre 2007 à 21:01

    Au fait Pan, pardon de ne pas t’avoir répondu, ton post m’avait échappé. Je suis bien content que ce roman t’ai plu. As-tu lu les suivants ?

  15. Copeau dit le 26 octobre 2007 à 7:18

    (De la part de Pan, qui bizarrement n’arrive pas à me répondre sur le blog…)

    Merci de ton commentaire, Copeau. C’est toujours un plaisir.

    Oui, j’ai lu les deux autres, et je les ai beaucoup appréciés. Tu es un peu sévère en parlant de grand-guignol, je trouve. Ce côté n’enlève pas grand chose à l’intérêt de l’histoire, qui est principalement, dans tout le dernier tiers du troisième volume, de laisser le lecteur savourer enfin la revanche des gentils. De ce côté, c’est très réussi.

    Je suis assez amusé par le fait que malgré la manière de voir le monde de Blomkvist, plutôt “politiquement correct-bobo” et dont on peut penser qu’elle correspond plus ou moins à celle de l’auteur, le sujet du livre est un dérapage étatique monstrueux.

    C’est piquant et j’apprécie.

    A bientôt, Copeau, et bonnes salutations.

  16. pierre dit le 26 janvier 2008 à 22:42

    J’arrive bien tard après tous les autres messages. C’est que je découvre votre site. Alors bonjour et enchanté!
    Je n’ai entendu parler de Stieg Larsson et de ses romans qu’au moment des fêtes de fin d’année.
    Quelque chose me laisse perplexe: personne ne remarque-t-il la mauvaise qualité scandaleuse de la traduction au moins du premier tome? Et cela dans un livre édité par une maison prestigieuse comme Actes Sud?
    Je me demande de qui on se moque.
    Quelques exemples:
    Un personnage reçoit des flurs “mystificatrices”, d’autres passent leur vie dans des pièces de travail ou des pièces à vivre (celui-là m’a vraiment fait bondir); pour une battue, on rassemble des gens “de sexes et d’âges variables” (ce qui laisse rêveur), j’en passe beaucoup d’autres.
    Ils s’y sont mis à deux pour traduire: une Suédoise (je suppose) et un Français (je suppose aussi, d’après les noms). Tout au long du roman, l’impression se fait de plus en plus forte que seule la dame a travaillé, comptant que son collègue rattrape les maladresses (nombreuses) et les barbarismes (nombreux également). Vous-même vous enthousiasmez sur le style. Comment faites-vous? Avez-vous eu la chance de lire le roman dans la langue originale?

  17. Copeau dit le 27 janvier 2008 à 13:04

    Bonjour et merci de votre commentaire. Je distinguais tout simplement le style, que je persiste à trouver haletant (le mot est trop fort, disons plutôt de qualité) et la traduction, point sur lequel vous avez évidemment raison. Les traductions des romans de Mankell par exemple sont de bien meilleure qualité.

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