24 mai 2007

Keeper of the Seven Keys

> musique — Copeau à 7:55

Voilà longtemps, je crois bien, que je n’ai abordé les questions musicales. C’est du reste un thème qui n’est pas très présent sur ce blog, bien qu’il constitue une part importante de ma vie (je parle vraiment à la première personne, mais c’est le principe du blog, non ?). Je voudrais donc évoquer brièvement un vieux souvenir des eighties, d’une époque où le commun des mortels, en France en tout cas, admirait Orchestral Manœuvres in the Dark (dont le maître-album vient d’ailleurs d’être réimprimé, avec une superbe plage DVD), adorait Depeche Mode, se pâmait devant U2, bavait en écoutant Indochine, dansait sur New Order. J’aime beaucoup, aujourd’hui, tous ces groupes, mais à l’époque, j’étais un rebelle, un vrai. Un dur, un tatoué. J’étais donc un hardos, ou, si vous préférez, un métalleux, pour prendre une formule plus contemporaine. Cheveux longs, cuir élimé aux manches, recouvert d’un blouson en jean aux manches déchirées, émaillé de divers badges (mon préféré : Dee Snyder, le chanteur glamisé au far trop prononcé de Twisted Sister), patches (dont le Ride the Lightning de Metallica) et autres dessins funesto-anarchistes, un pantalon beaucoup trop serré, voilà quel était ma soutane usuelle.

A cette époque, donc, mes références musicales s’appelaient incontestablement Iron Maiden, dans une moindre mesure Metallica, et loin derrière AC/DC, pour citer quelques noms parmi les plus connus. Le Heavy Metal était mon Walhalla, Saxon, Accept, Mötley Cruë, Skid Row, Manowar, Twisted Sister, W.A.S.P. ou Alice Cooper mes divinités, Kerrang!, Metal Hammer, Hard Force et Hard Rock Magazine mon pain quotidien.

Hormis tous ces groupes, il y en a au moins un autre que je me dois de citer, tant il m’a marqué. Si je devais faire le bilan des albums que j’ai le plus écouté, je crois que c’est l’un des albums de ce groupe qui remporterait la pole position. Il dépasse dans mon cœur et dans ma mémoire Somewhere in Time, de Maiden, Metal Heart, d’Accept, ou encore Operation Mindcrime, de Queensrÿche.

L’album auquel je fais allusion, c’est Keeper of the Seven Keys – part II. Le groupe, allemand, s’appelle Helloween.

Si vous ne connaissez pas ce groupe, il est temps d’aller faire un tour sur YouTube ou RadioBlog. Si vous ne connaissez pas cet album, courez vous le procurer.

Helloween, musicalement, c’est un peu du speed metal. Autrement dit, à l’instar de Somewhere in Time, du métal aussi rapide que du punk, et souvent structuré de la même manière, avec des refrains entêtants. Fast as A Shark d’Accept a sans doute été le premier avatar de ce nouveau style, sur l’album Restless and Wild, qui date de 1983 je crois. Helloween, c’était le groupe phare de Hambourg, comme les Scorpions étaient le groupe phare de Hanovre. Qui a au moins deux caractéristiques : l’excellence de la voix de son chanteur, Michael Kiske, qui monte très haut dans les aigus, un peu à la manière de Judas Priest, et la qualité des compositions du célèbre guitariste Kai Hansen.

Sur l’album Keeper of the Seven Keys – part II, Hansen et Weikath, aidés de Michael Kiske, réalisent un sans-faute. La qualité, mais aussi la variété des chansons, est au rendez-vous. Après une introduction intitulée Invitation, proche de la musique classique, et qui n’est pas sans rappeler l’introduction de Metal Heart, Weikath enchaîne sur l’un des meilleurs morceaux de l’album, Eagle Fly Free, qui porte bien son nom tant il est aérien. Un peu plus loin, on trouve Dr. Stein et We Got the Right. Je me souviens fort bien du premier de ces deux titres, j’avais même un T-shirt représentant une citrouille (évidemment, l’emblème incontournable de Helloween) à moustache, singeant Einstein. Je crois, au passage, que l’illustrateur de Helloween était un Français. Ceci montre aussi un trait particulier de ce groupe, qui n’a jamais hésité à faire preuve de beaucoup d’humour. Je me souviens du clip d’I Want Out (également présent sur cet album), où Michael avale un Kai courant dans un couloir d’hôpital et mort de rire. La pochette du single représentait d’ailleurs la citrouille pointant du doigt, à la manière de l’Oncle Sam, en s’écriant « I Want Out ! ». Il faut encore évoquer March of Time, morceau génial quoique assez proche je trouve de Eagle Fly Free, et bien sûr le titre éponyme, long de presque 14 minutes, au refrain inoubliable.

Je ne pourrai jamais compter le nombre de fois que j’ai pu écouter cet album. C’est un must absolu.

Du même groupe, je n’ai par ailleurs que le dispensable Pink Bubble Go Ape, et le best of intitulé joliment The Best, The Rest, The Rare. Et qui reprend bon nombre des titres que je viens de citer.

J’ignore ce que ce groupe est devenu aujourd’hui, même si je doute évidemment qu’il existe encore. Kai Hansen, en tout cas, est parti pour une carrière solo et un nouveau groupe, Gamma Ray. Je vous conseille de ce dernier l’album Powerplant, qui ressemble à s’y méprendre à du Helloween (un peu comme U.D.O. ressemble au vieil Accept), et qui comprend notamment une reprise décapante d’It’s a Sin des Pet Shop Boys. Je crois que c’est Derek Riggs, l’illustrateur attitré de Maiden dans les eighties, qui a réalisé l’excellente pochette de cet album.

J’adore parler de ce qui n’est pas, mais alors pas du tout à la mode ; je crois bien que là, en effet, j’ai réussi mon pari. La prochaine fois j’essaierai de vous parler de Queensrÿche, groupe lui aussi injustement méconnu en nos contrées.

15 réactions »

  1. jugurta dit le 24 mai 2007 à 12:46

    Salut Cop’

    Je dois t’avouer que pour ma part tous les groupes de hard rock que tu cites je les trouvais déjà à l’époque “old fashioned”, tant dans leur tenues, leurs mimiques, leur musique, “leur dégaine”…

    Helloween d’aillleurs représente très bien ce que je ne pouvais écouter à l’époque…mais en même temps j’étais aux antipodes du rock avec dans mon baladeur que du rap et du reggae…

    Le premier groupe de “rock” qui m’a fait aimer le tryptique, basse-batterie-guitare, c’est RATM…

    Imaginons que nous nous soyons croisés à cette époque nous nous serions regardés en chien de faicence :o)

  2. Coldstar dit le 25 mai 2007 à 12:29

    Et moi aussi je t’aurais regardé d’un sale oeil Jugurta…

    Copeau, tu m’as donné envie de m’acheter l’un des albums Metal les plus connus, et parmi ceux-ci un des rares qui ne figure pas dans ma CDthèque. Il est vrai que le Heavy-Speed mélodique (car je pense qu’on peut classer Helloween dans les ancêtres de Rhapsody ou Sonata Arctica, non?) n’est pas un genre qui m’enchante même si c’est assez agréable, ce n’est pas ce que je recherche en ce moment.

    Il est vrai que pour moi, malgré le talent sûrement indéniable de groupes NWOBHM des années 80, le Heavy Metal classique, Maiden excepté car c’est quand même un groupe extraordinaire, a largement souffert d’être pris entre le marteau (le Hard rock, très mélodique et créatif) et l’enclume (le Metal Extreme). Je n’arrive plus trop pà accrocher au Heavy metal “classique” alors le Thrash / Speed / Death Metal a dès le milieu des années 80 regorgé de groupes capables de dépasser en lourdeur, puissance et vitesse, tout en y alliant virtuosité et sophistication - même si, cependant, peu de groupe “Metal Extrême” sont des compositeur hors pair.

    Quant à QueensRÿche, j’ai deux disques de ce groupe, “Mindcrime” et “Empire”, et force m’est de constater que ce groupe généralement coincé par les généalogistes du rock entre Rush et Dream Theater, est pour moi loin de valoir le second et très^10 loin de valoir le premier.

    Et tu me connais, hein Copeau, j’ai quand même bon goût ;)

  3. Copeau dit le 25 mai 2007 à 12:49

    J’adore Rush, je connais peu Dream Theater mais apprécie ce que je connais de ce groupe, pourtant je persiste à penser que Queensrÿche est un groupe exceptionnel et largement sous-estimé. C’est peut-être leur côté dandys du métal qui me fait écrire ça, mais je le pense vraiment.

    Moi je n’ai jamais vraiment accroché au Death, au Thrash (malgré le côté foncièrement sympa d’Anthrax), et suis au final resté assez classique, quoique plus proche du heavy teuton que de la New Wave of British Heavy Metal (je l’écris en toutes lettres pour ceux qui ne connaîtrait pas).

    Sinon, c’est vrai qu’en général du as bon goût (je dis en général, car je ne peux imaginer que quelqu’un qui écoute en boucle Dancing Queen d’Abba soit vraiment normalement constitué ;))

  4. BlackJack dit le 25 mai 2007 à 20:24

    Ah la nostalgie de Copeau ! ;)
    Ce keeper représente pas mal de choses pour moi, découvert lors de ma première année de fac, voici 9 ans déjà. Mes préférées ? March of time, et Keeper of the seven keys.

    Concernant Queensrÿche, Empire, je le trouve assez moyen. Le disque le plus intéressant à mon avis, c’est Rage for Order. Musique très personnelle. Promised Land est aussi une perle. Operation Mindcrime, tellement écouté y a quelques années, que je ne peux plus me le repasser. Mais ça reste un chef-d’oeuvre. Qu’il soit prog, heavy, toussa…on s’en fout. Les chansons sont bonnes (enfin, y a peut-être quelques fillers, 2 ou 3 pas plus, The mission ou même spreading the disease que je trouve en deçà) et c’est le principal.

    Sinon dans une veine mélodique on peut aimer le metal/hard des années 70 (Deep Purple, Rainbow, Black Sabbath) le metal 80 (maiden, priest, queensrÿche, metallica, megadeth, Ozzy Osbourne) ou le metal des années 90 (Pantera, Alice In Chains, Fear Factory, Rage Against the machine, Korn, Paradise Lost, Type O Negative). Faut pas se créer des barrières qui n’existent pas ;)

  5. h16 dit le 25 mai 2007 à 22:57

    Les compos de Dream Theater sont remarquables.

  6. Coldstar dit le 25 mai 2007 à 23:22

    Oh, l’autre, hé! ;)

    Bon, ben je m’en vais remettre du Queensrÿche dans mon lecteur avant longtemps pour me remettre leur musique dans la tête. En fait j’ai bien aimé Operation Mindcrime mais Empire m’a paru médiocre malgré un titre comme Silent Lucidity.

    Pour h16, j’expliquais justement à Xara ce WE que j’ai beaucoup aimé Dream Theater (dont les meilleurs albums me paraissent Awake et Metropolis II) mais que je les ai complètement lâchés après Six degrees of Inner Turbulence: l’impression qu’ils n’avancaient plus à l’écoute de ce dernier album. Plus que des excellentes compositions, ce groupe possède avant tout une technique hors pair et un feeling remarquable. Mais le pire pour un groupe de rock progressif, c’est de commencer à se répéter. C’est là que MES attentes sont déçues (il n’en est pas de même de tous leurs fans).

  7. Copeau dit le 26 mai 2007 à 10:30

    Operation:Mindcrime est un album génial, Empire est quelconque. Je suis d’accord avec toi sur ce point.

  8. BlackJack dit le 26 mai 2007 à 11:36

    Salut la compagnie !

    De Queensrÿche, l’album à réhabiliter c’est bien Rage for order ! Rien que de penser à I dream in infrared, I’m gonna get close to you ou Screaming in digital j’en ai des frissons ! Bien plus personnel que Operation Mindcrime…

  9. BlackJack dit le 27 mai 2007 à 11:11

    Bonjour Copeau et les autres ;)
    Pour ma part c’est Rage for order qui est mésestimé chez Queensrÿche : davantage personnel, Operation Mindcrime sonne presque comme un retour en arrière (si on excepte Sister Suite Mary ou Eyes of a stranger).
    Et pareillement à vous, je trouve Empire pas terrible.
    Jugurta, il est possible d’aimer Pantera, Korn ou Rage Against the machine et le metal des années 80. Enfin à vrai dire, à part l’extrême pour lequel j’ai du mal, j’aime à peu près tout !

  10. J. Morrow dit le 27 mai 2007 à 20:08

    Aaah Operation Mindcrime, quelle claque, j’ai encore la VHS du Operation Livecrime. Vivement que tu nous ponde un post sur Queensrÿche !

  11. Copeau dit le 28 mai 2007 à 8:47

    Pardon BlackJack, bizarrement (pas tant que ça d’ailleurs, je crois que c’est l’effet pervers d’un pseudo qui rappelle les jeux en ligne) tu étais automatiquement classé parmi les spams de Wordpress. D’où l’absence d’affichage de tes commentaires. J’espère que c’est réglé à présent, n’hésite pas à poster à nouveau pour essayer.

  12. Copeau dit le 5 juin 2007 à 7:36

    J’ai acheté Operation:Mindcrime II, histoire d’avoir une idée plus précise des opus les plus récents de Queensrÿche ; je vous en parlerai donc plus longuement dans quelques jours, une fois que j’aurai assimilé ce petit dernier de 2006.

  13. DawnofResurrection dit le 16 janvier 2008 à 6:05

    Je me permet de vous dire que le chanteur d’Helloween était Michael Kiske et non pas Weikath. Celui-ci étant l’un des deux guitaristes d’Helloween à l’époque.

    Depuis octobre 2007, le nouveau LP d’Helloween nommé “Gambling with the Devil” est dans les bacs.

    La formation a changé avec le temps et est maintenant composée de :
    -Andi Deris (chanteur)
    -Michael Weikath (Guitariste)
    -Sascha Gerstner (Guitariste)
    -Dani Löble (Batteur)
    -Markus Grosskopf (Bassiste)

    Bref, vive le “Power Metal” d’Helloween. Le power metal étant le style se rapprochant le plus de celui d’Helloween.

    À la prochaine !

  14. Copeau dit le 16 janvier 2008 à 7:25

    Ah oui, je me suis planté en beauté. Merci de ta correction !

  15. Paol dit le 22 janvier 2008 à 18:25

    J’adore arpenter les blogs comme celui-ci traitant de cette bonne musique qu’on oubie de plus en plus.
    Il y a aujourd’hui un revival concernant ces groupes et les formidables émotions qu’ils ont su nous distribuer à coup de riff et de grosses-caisses!

    Pour preuve, en juillet Iron Maiden est en concert pour une prestation hors du commun, et le défie mérite le respect, réaliser après tant d’année la même tournée que lors de la sortie de somewhere in times!!!

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