Galiléo
Vous avez certainement déjà entendu parler de Galileo, GPS européen piloté par un consortium, et qui est censé être à la fois plus précis et plus fiable que son homologue yankee. Or, ce projet accuse déjà un retard de près de quatre ans : à l’origine, la constellation devait être prête dès la fin 2008, on parle désormais de la mi-2012, au mieux.
Mieux encore, faute d’un engagement suffisant du consortium pressenti pour l’exploiter, les pouvoirs publics financeraient l’intégralité du projet, ce qui représenterait pour eux une rallonge de 2,5 milliards d’euros pour les fonds communautaires.
Autant dire les choses clairement : soit l’union européenne parvient à verser ce surplus, au détriment d’autres projets (environnement, pêche, agriculture, transports, aéronautique,…), soit il partira en quenouille. Dans un cas comme dans l’autre, la déconfiture n’est pas loin.
L’erreur fatale, ou plus exactement la présomption fatale (pour parler comme Hayek), a consisté à politiser un projet qui aurait dû être exclusivement un projet de type industriel. Au lieu de cela, alors que Londres ou Amsterdam clamaient, légitimement, que le GPS américain suffisait, les pays les plus fanatisés, France et Allemagne en tête, ont fait de Galileo un instrument au service de la puissance européenne, autrement dit un projet mi civil mi militaire destiné à tenir la dragée haute à l’oncle Sam.
Résultat ? Un projet qui n’est pas viable financièrement, qui ne marchera jamais pour les clients (Galileo sera payant, alors que le J. P.-S. fonctionne déjà gratuitement pour les mêmes services), un financement privé qu’on est allé chercher mais qui nécessairement se désistera (les applications militaires seraient bridées alors que c’est celles-là qui sont rentables).
Sans compter que chacun des grands pays européens c’est entre-déchiré pour bénéficier, sur son sol, d’un site du futur consortium. C’est cette question la tient intéresser les différents gouvernements, et pas du tout la viabilité financière du projet.
On voit, une fois de plus, à quel résultat on aboutit lorsque les gouvernements se mêlent de politique industrielle.

