6 avril 2007

C’est beau le 9-3

> politique, ubique — Copeau à 8:23

On nous dit toujours que la Seine-Saint-Denis est l’un des départements les plus moches de France. Moi je trouve au contraire que c’est un véritable pays de cocagne. Vous faites grève ? Pas grave, le conseil général est là pour vous aider à mener la lutte contre ces enculés de patrons. Ambiance hot dog-frites et blagues à la con incluse, pour pas un euro de plus. Suis-je le seul à trouver cette initiative du département du 9-3 non seulement immorale, mais, au surplus, relevant d’une infraction manifeste au code pénal ?

Le conseil général de Seine-Saint-Denis a indiqué le 3 avril avoir voté “une aide exceptionnelle” de 20.000 euros aux salariés de PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en grève depuis le 28 février. Mais le 5 avril, l’opposition UMP au conseil général (PCF) a annoncé son intention de déposer un recours contre cette décision.
Il est prévu que l’aide soit versée sous forme d’aides sociales aux familles des grévistes via une association, “Entraide solidarité Salarié 93 et Famille”, reçue le 2 avril par le président PCF du conseil général, Hervé Bramy, précise l’instance départementale dans un communiqué.
Le conseil général “affirme aujourd’hui sa solidarité avec les familles des salariés” et cette solidarité “doit être comprise par la direction de l’entreprise comme une forte exigence de vraies négociations sur les salaires et le recul de la précarité”, explique Hervé Bramy.
Patrice Calméjane, membre UMP de la commission permanente et maire de Villemonble a quant à lui annoncé sa décision de «déposer dans les prochaines semaines un recours gracieux devant le préfet contre ce détournement de fonds publics au service d’une action politique”.
Le maire de Villemonble se réserve aussi la possibilité d’un recours ultérieur devant le tribunal administratif, rappelant que “plusieurs arrêts du Conseil d’Etat confirment l’interdiction pour une collectivité de s’immiscer dans un conflit politique ou collectif via des subventions”. Les deux recours ne sont pas suspensifs.
Patrice Calméjane rappelle que les aides aux familles en difficulté “doivent relever du droit commun”, et donc des centres communaux d’action sociale.

3 réactions »

  1. Patrice dit le 7 avril 2007 à 10:59

    Totalement d’accord avec toi l’ami Copeau.

  2. h16 dit le 9 avril 2007 à 14:10

    Non, tu n’es pas le seul. Mais les média qui ont du coffre et qu’on entend trop n’écoutent pas le bruit feutré des claviers sur internet…

  3. Harald dit le 10 avril 2007 à 14:00

    Je plussoies.

    Au passage, tiré du blog de Patrice Calméjane:

    Tôt ce matin c’est sur les ondes radios de RMC que patrice calméjane a fait connaître son opposition aux nouvelles élucubrations du conseil général de Seine Saint Denis.

    Le Conseiller général, toujours sur le terrain, honorait le mandat dont la population l’a investi en étant heureusement présent ce mardi 3 avril au Conseil général. Ce dernier a souhaité verser une subvention de 20 000 euros en soutien aux salariés de Peugeot Citroën actuellement en grève !

    Pour quelles raisons voter contre cette subvention ?

    · D’abord, le procédé utilisé par le Conseil général est illégal et malhonnête :
    car Le dossier a été déposé sur les tables mardi 3 avril au matin, contrairement à la loi qui prévoit de faire parvenir les rapports 5 jours avant le vote. L’annonce était pourtant déjà parue dans l’édition du journal “Le Parisien” du mardi 3 avril…
    · Le fondement est idéologique et non pas en faveur de l’intérêt général des séquano-dyonisiens.
    En effet, le conseil général politise ce conflit par l’intermédiaire de cette subvention. D’ailleurs, les visites d’Olivier Besancenot et Ségolène Royal le démontrent.
    · Si le droit de grève doit être assuré, ce n’est pas le rôle d’une collectivité de financer les grèves !
    Cela crée un précédent, par la suite, toutes les grèves seront alors subventionnées par les collectivités qui paieront !
    Patrice Calméjane et Raymond Coenne ont rappelé que si des familles rencontraient des difficultés, les centres communaux d’actions sociales peuvent leur venir en aide au lieu de faire appel à une association dont on ne connait ni les dirigeants ni les activités.
    Bien que la politique du Conseil Général soit globalement critiquée par le PS et l’UDF plutôt, il est vrai, hors périodes électorales, seuls les deux conseillers généraux UMP Raymond Coenne et Patrice Calméjane ont refusé de voter pour cette subvention de 20 000 euros. Celle-ci a donc été adoptée à la majorité…

    Le Conseil Général peut se le permettre, il demandera ensuite à l’Etat de l’argent en prétextant la non compensation de la décentralisation ou augmentera encore les impôts locaux !

    Un bon point pour le Patrice dont j’ai connu le père, qui lui faisait partie des requins RPR de la clique Pandraud et qui parraina le petit Raoult en son temps.

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