26 mars 2007

Wikibéral

> numérique — Copeau à 15:12

Vous ne connaissez peut-être pas cette encyclopédie gratuite et en ligne, consacrée au libéralisme, au libertarianisme et à divers aspects de la pensée libérale, sous tous les angles possibles et imaginables (économie, droit, histoire, philosophie, écologie, etc). Si tel n’est pas le cas, je vous invite donc à la découvrir. Ce projet n’est pas lié à Wikipédia, et, de mon point de vue, le complète utilement, en détaillant les sujets sous l’angle libéral, ou plutôt sous tous les angles libéraux. Un peu comme l’excellent Ekopedia, consacré à l’écologie.

Par ailleurs, je sais par mon ami Fabrice que celui-ci est (encore et toujours, à vrai dire) à la recherche de nouveaux contributeurs. TOUT LE MONDE peut participer à cette encyclopédie, et a quelque chose à écrire sur un sujet qui lui est cher (par exemple, je participe occasionnellement aux articles consacrés au cinéma). Ceux qui rechignent, prétextant un manque de compétence, sont en réalité d’obscurs flémards.

Je vous invite donc à contacter le responsable du wiki et à y participer, les contributeurs ne seront jamais assez nombreux.

23 mars 2007

Militantouzes

> politique — Copeau à 14:57

Lu dans Le Monde d’hier :

L’infanterie. Au PS, ils sont 120 à avoir été chargés de superviser la campagne sur Internet, et environ 12 000 à s’être portés volontaires pour monter au front. (…) Leur mission : faire connaître les argumentaires de leur candidate, contribuer à la diffusion la plus large des articles qui lui sont favorables et de ceux susceptibles d’affaiblir ses adversaires, assurer une veille médiatique.

Lundi 19 mars, la banlieue et les jeunes étaient à l’ordre du jour, mardi, c’était la politique agricole commune. A chaque fois, une liste de sites à privilégier pour la riposte leur est fournie.

Concernant l’UMP cette fois :

les e-militants de l’UMP avaient (…) reçu comme consigne de diffuser le discours à la jeunesse prononcé par Nicolas
Sarkozy, (…) « aux jeunes de votre entourage, via vos mailing-lists ou celles de vos enfants ». (…) A l’UMP, un Journal du buzz, avec l’agenda du candidat et les grands thèmes du jour, est envoyé quotidiennement aux militants, accompagné d’une boîte à outils de propagande sur le Web (vidéos, tracts téléchargeables, etc.).

Chers petits soldats, chers séides de supermarché, chers zélateurs de purin, je vous salue bien.

La Rupture

> politique — Copeau à 14:33

On parle beaucoup de rupture ces temps-ci, c’est un thème commun aux principaux candidats à l’élection présidentielle. Il y a bien sûr Nicolas Sarkozy, qui a explicitement repris la formulation à son compte. Mais il y a aussi Ségolène Royal qui, selon la formule heureuse d’Alain Duhamel, a conquis le PS par la droite et par le bas, là où, depuis toujours, c’était au contraire par la gauche et par le haut que le candidat était désigné. Rupture aussi avec certains dogmes socialistes : blairisme, encadrement militaire, remise en cause de la carte scolaire, etc.

Il y a bien sûr François Bayrou. C’est même sa marque de fabrique, lui, qui, à présent, fustige le CAC 40, le Grand Capital, tel un Engels aux petits pieds, un guévariste du Béarn, un crétin des Pyrénées.

C’est vrai qu’il y a de quoi prendre le maquis, entre ces innombrables candidats trotsko-altermondébiles, écolo-fachos et bolcho-racistes. On se souvient qu’en 2002 Chirac n’a été élu qu’avec… 14% des électeurs inscrits sur les listes électorales. Pas de quoi pavoiser.

Ce qui me gêne, c’est que ce n’est bien évidemment qu’une posture, d’autant plus ferme qu’elle ne sera certainement jamais suivie du moindre effet. C’est pourquoi il faut distinguer le discours de Bayrou, sans conséquence, de son programme électoral, qui, lui, aura sans doute quelques suites (pas toutes, évidemment). Je pourrais citer mille autres exemples de postures guévaristo-comiques : Chirac et son ascenseur social (vers l’échafaud ?) en 1995 ; Tapie qui, au pavillon du Phocéa, torpilla la liste Rocard aux européennes de 1994 ; Le Pen à partir de 1986 ; René Dumont et les deep ecologists des seventies, les communistes jusqu’en 1981 ; Mitterrand avant Epinay ; le même, face à de Gaulle, dans les années soixante ; Tixier-Vignancourt, celui sans lequel Le Pen n’aurait jamais eu la carrière qu’il a eu, dans les années soixante également ; Poujade dans les années cinquante.

Vous avez noté que, parmi ces quelques figures boulangistes, certains sont bel et bien arrivés jusqu’au pouvoir suprême. Pour à chaque fois mieux trahir les engagements de campagne, mieux oublier les gogos et autres midinettes qui croient les yeux bandés à ces sornettes.

Non que je soutienne les propos de Bayrou, pour ne citer que lui ; il est démago, les autres tout autant. Je ne cherche pas à le dédouaner. Ses propos sont débiles et ne valent pas plus cher que ceux de Ségourdasse mettant en balance les sous-marins (tiens, pourquoi ?) et l’école. Mais il faut aussi séparer le bon grain de l’ivraie, et si nous avons les élus que nous méritons, n’oublions jamais qu’ils disent un amas considérable de conneries fort heureusement jamais suivies d’effet.

Voici pourquoi, à titre personnel, je préfère toujours voter pour le plus incompétent. Le problème, c’est qu’à cette aune en 2007 le choix sera particulièrement difficile.

Image

> musique — Copeau à 12:12

Hum que c’est copeauïen tout ça… J’espère que vous apprécierez.

22 mars 2007

Changement de thème

> numérique — Copeau à 13:47

Je sais bien qu’à juste titre vous vous en foutez certainement, mais je tenais tout de même à vous signaler que le thème graphique du blog vient de changer. Je trouve celui-ci plus proche de l’esprit initial de Copeau que le précédent du Reloaded.

Evidemment, une telle remarque n’engage que moi ;  je serai ravi et honoré que vous preniez la peine de me donner votre avis.

20 mars 2007

Battisti, Copacabana, Ipanema

> politique, ubique — Copeau à 22:12

A propos de l’”affaire Battisti”, la Lime a écrit un commentaire qui me semble parfaitement judicieux et intelligent, je vous livre ici sa substantifique moëlle :

Les plus malins détournent l’attention de l’essentiel indéfendable que je viens de rappeler pour se concentrer sur l’accessoire, à savoir un affreux, forcément affreux, soupçon de manoeuvre électoraliste de Nicolas Sarkozy.

C’est du vent : non pas que le soupçon soit infondé, mais quelle influence a le sort de Cesare Battisti sur la campagne électorale en cours ? Si c’est une manoeuvre électorale, elle n’est pas bien conséquente.

A choisir, la propension d’une certaine gauche à innocenter un criminel du simple fait de ses appartenances politiques me paraît bien plus grave.

Si il y a une affaire Battisti, elle n’est pas judiciaire, ce volet est clos, elle est politique : comment admettre qu’en France, en 2007, certains préconisent la justice politique, indulgente pour les crimes de gauche, sévère pour les crimes de droite ?

18 mars 2007

Tom Sawyer, c’est la bataille dans les étoiles

> comique, politique — Copeau à 10:02

Alors que la Dame aux Caméras parade avec les fans de la culture hip-hop, à laquelle elle ne connaît bien sûr strictement rien, il est intéressant de se pencher un instant sur la manière dont elle traitait l’entertainement des enfants il y a presque vingt ans. En 1989, très exactement, lorsqu’elle sortit un bouquin intitulé Ras-le-bol des bébés zappeurs (Robert Laffont). Vous trouverez le détail de sa Géniale Prose ici.

Alors que le Con d’Orsay ne sait pas faire la différence entre Taïwan et la Thaïlande, Ségourdasse, elle, a une connaissance approfondie des mangas et des dessins animés destinés aux enfants et aux adolescents. Une bonne pensée de droite, bien classique, faite de censure et d’ordre moral qu’une bonne soeur des Carmélites ne refuserait sans doute pas. Qu’un évêque approuverait. Mais passons.

Ce qui m’intéresse ici, c’est la qualité de la recherche approfondie à laquelle la Dame s’est livrée. Je sais qu’il est facile de tirer sur une ambulance, mais, si je refuse de voter Sarko l’homme autoritaire, je ne vais certainement pas dire du bien de son alter ago féminin. Dans son bouquin, donc, on peut notamment lire la chose suivante :

Il existe pourtant de bonnes séries de science-fiction : « Tom Sawyer », et aussi « Conan » (A2). Et de bons dessins animés français : « Touni et Litelle » (TF1), ou « Demetan, la petite grenouille » (FR3, en coproduction japonaise)… Sans parler des stocks de produits de qualité détenus par l’INA.

Tom Sawyer, une série de science-fiction ? Hum… Et je vous passe la médiocrité, sinon la nullité, des séries qu’elle approuve, du haut de son immense morgue, et dont vous n’avez soit jamais entendu parler, soit gardé un souvenir aussi impérissable qu’une bougie allumée. Je n’ajouterai rien de plus que ce qu’écrit l’auteur du site :

C’est d’une part faux, et de plus assez étonnant vu que cette série est tirée d’un roman mondialement connu, écrit par Mark Twain. Il est incroyable en fait que Ségolène Royal ne connaisse pas ce livre. Elle semble également ignorer également que “Tom Sawyer” et “Conan” sont deux dessins animés japonais, quant à “Demetan”, cette série devient française par sa volonté alors qu’elle est entièrement japonaise.

De Tom Sawyer aux sous-marins lanceurs d’engins, la qualité, le travail de fond, le sérieux, voici ce qui caractérisera toujours Ségolène Royal.

17 mars 2007

Egalité et envie

> philosophique — Copeau à 18:19

Quand l’inégalité est la loi commune d’une société, les plus fortes inégalités ne frappent point l’oeil ; quand tout est à peu près de niveau, les moindres le blessent. C’est pour cela que le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande.

Tocqueville, De la démocratie en Amérique II, Bouquins, 1986.

Une fois installée au coeur des passions démocratiques, l’envie née de l’égalité renforce cette dernière en exigeant qu’elle soit en toute chose la règle (…) La logique de l’égalité qui fut pendant si longtemps la dynamique révolutionnaire et progressiste par excellence apparaît souvent aujourd’hui comme infiniment conservatrice.

Luc Ferry, Le Syndrome du gyroscope, Institut Montaigne, 2004.

16 mars 2007

La France est foutue

> politique — Copeau à 7:52

C’est le titre du nouveau livre de l’ami Mathieu Laine.

On entend trop souvent : « La France est foutue ! Ce pays est impossible à réformer ! Il s’effondre et rien ni personne ne pourra arrêter sa chute ! » Ca suffit ! Non, la France n’est pas foutue! Il n’y a pas de fatalité, pas de mauvais gène français. De nombreux pays se sont sortis de situations bien pires que la nôtre et nous montrent la voie. La réforme d’ampleur n’est pas une punition, c’est la solution !

Remettre les idées à l’endroit, provoquer une révolution des esprits et donner enfin à chacun des outils clairs et vérifiables (faits, chiffres, réflexions, exemples concrets) pour faire tomber les tabous et démontrer que notre chute n’est pas irrémédiable, tels sont les objectifs de ce livre.

Chaque chapitre reprend une idée reçue rappelée entre guillemets : “Contre le chômage, on a tout essayé”, “L’économie a pris tous les pouvoirs”, “Les Français refuseront toujours la réforme”. Chaque tête de chapitre commence par « Le chiffre qui tue », et le livre se termine par une réponse au journal Marianne.

Mathieu Laine, 31 ans, est avocat spécialisé en droit des affaires. Il enseigne à Sciences-Po et est l’auteur de La Grande Nurserie, en finir avec l’infantilisation des Français (JC Lattès - février 2006). Il dirige la collection « Idées fausses/Vraies réponses » chez Lattès.

14 mars 2007

Un ange passe…

> politique — Copeau à 19:23

La nouvelle, ou plutôt l’absence de nouvelle en ce qui me concerne, c’est le retrait de la candidature d’Edouard Fillias à l’élection présidentielle. J’écris “l’absence de nouvelle”, tant pour moi le fait qu’il ne pourrait pas réunir 500 parainnages ne faisait absolument aucun doute, je l’ai écrit plusieurs fois (par exemple ici). Confondre la capacité à constituer un buzz sur le net, voire dans les médias, avec la capacité à creuser un sillon profond dans le corps électoral et chez les élus était une niaiserie qui ne cesse de me confondre.

Fillias a donc décidé de soutenir François Bayrou. On imagine que ce dernier doit être particulièrement ébouriffé devant le volume considérable de voix nouvelles qu’il va engranger avec ce ralliement de poids. Certains, comme mon ami Jean-Louis, feignent l’étonnement, voire, comme il l’écrit, la “stupéfaction“. Si ce n’est pas de la naiserie, c’est à tout le moins faire preuve d’une immense naïveté. Je ne comprendrais jamais cet acharnement à défendre un engagement personnel, dans le sens le plus péjoratif du terme, qui coûte plus qu’il ne rapporte au libéralisme. Autre blogueur, autre ami, Aurélien, qui, avouons-le, nous livre un brillant billet (comme toujours), qui laisse un goût amer et une impression en demi-teinte sur le devenir de Fillias et de l’élection présidentielle pour le tout jeune parti Alternative libérale, malgré sa défense d’Edouard, qui n’est donc pas une défense sans contraste.

Je ne remets pas en cause le choix de Bayrou par Eddie, ce sera peut-être aussi le mien, je m’en réjouis donc. Cela me fait tout de même relire avec une pointe de fiel les commentaires (supprimés par le blogueur) suite à la prise de position de mon ami (et oui, je n’ai que des amis, enfin presque) Patrice en faveur du même candidat. Je me souviens des critiques acerbes jetées à la figure de Patrice, qui, d’après les pom-pom girls de Fillias, était devenu un paria, un Judas, du libéralisme. C’est assez piquant, avec ce léger recul.

Cependant, j’aimerais qu’un point soit éclairci - s’il peut l’être : Edouard Fillias n’engage-t-il que sa personne ? Son parti ? si oui, ce dernier a-t-il été consulté ? comment ? Ou faut-il considérer que la dérive autocratique d’un Sarkozy ait également droit de cité à l’intérieur de ce petit parti ?

Edouard Fillias, sa démarche, son parti, souffrent d’une tare congénitale (en sus de celle justement décrite par Jean-Louis) : prétendre rassembler tous les libéraux, alors qu’ils créaient ce que le commun des mortels considère comme une officine de fanatiques.

Eddie n’a au moins pas choisi de se rallier à Sarko, et c’est déjà en soi une bonne nouvelle. J’aimerais, rien que par curiosité, car la perspective ne m’enchante guère, savoir qui il choisirait en cas d’affrontement Ségo-Sarko au second tour.

EDIT : Mélodius, toujours au scalpel, exécute Fillias et son parti en trois phrases :

Arrêter avant la fin du match, c’est petit.

Ne pas contester le procédé qui permet de vous marginaliser, c’est bête.

S’imaginer avoir des consignes de vote à donner alors qu’on n’a rien prouvé (au contraire) c’est présomptueux.

Bref, c’est du Filias tout craché !

Le renouvellement ne sera pas pour 2007

> politique — Copeau à 11:20

Ô que je suis d’accord avec cette analyse de Seb, sur What’s next ?

Au fond que retiendra-t-on des années Chirac? J’allais dire que retiendra-t-on du quart de siècle Mitterrand - Chirac? Quelques ouvertures de musées, l’abolition de la peine de mort, l’ouverture sur l’Europe, on cherche vainement, à part ça on ne retiendra pas grand chose de positif.

Certes la France a ses grands principes, ses valeurs, son patrimoine, son mode de vie. Mais la France est aussi passée à côté des mutations de l’économie mondiale, et en subit les conséquences. On dit toujours que la France est immuable ou qu’elle est immobiliste. En réalité, le monde change autour de nous, la France change sans le savoir, par contraste. Comme le dit Chirac, la France continue d’étonner le monde. Comme je suis d’accord avec ce constat…

Mitterrand comme Chirac ont voulu conserver un modèle social inadapté et qui finit par aboutir à davantage de précarité. On parle dans cette campagne de tourner la page. Royal doit tout à Mitterrand, notamment le parachutage in extremis dans les Deux Sèvres qui lui a mis le pied à l’étrier. Sarkozy a trahi son père spirituel, mais il lui ressemble par bien des aspects.

Les cochonnes d’or

> Non classé — Copeau à 10:46

Comme chaque année, les cochonnes d’or sont organisées sur le net.
La Cochonne est un forum francophone dédié aux films X, actif depuis depuis février 2004 (et fin 2002 pour le site).

Les cochonnes d’or se veulent être un reflet des goûts de cette communauté. Le site est donc dédié à la présentation de ce vote annuel.

11 mars 2007

Bayrou et le logiciel libre

> numérique — Copeau à 14:22

Je ne sais si vous avez vu passer cette info, mais François Bayrou me semble être - et de très loin - le seul candidat à avoir des idées claires et précises sur la question de l’Open source et des logiciels libres. A promouvoir la logique des wikis. Bref, je suis impressionné par sa maîtrise, plus que relative, de la question ; on est loin de la Madone des socialistes et de sa connaissance des questions militaires.