Un ange passe…
La nouvelle, ou plutôt l’absence de nouvelle en ce qui me concerne, c’est le retrait de la candidature d’Edouard Fillias à l’élection présidentielle. J’écris “l’absence de nouvelle”, tant pour moi le fait qu’il ne pourrait pas réunir 500 parainnages ne faisait absolument aucun doute, je l’ai écrit plusieurs fois (par exemple ici). Confondre la capacité à constituer un buzz sur le net, voire dans les médias, avec la capacité à creuser un sillon profond dans le corps électoral et chez les élus était une niaiserie qui ne cesse de me confondre.
Fillias a donc décidé de soutenir François Bayrou. On imagine que ce dernier doit être particulièrement ébouriffé devant le volume considérable de voix nouvelles qu’il va engranger avec ce ralliement de poids. Certains, comme mon ami Jean-Louis, feignent l’étonnement, voire, comme il l’écrit, la “stupéfaction“. Si ce n’est pas de la naiserie, c’est à tout le moins faire preuve d’une immense naïveté. Je ne comprendrais jamais cet acharnement à défendre un engagement personnel, dans le sens le plus péjoratif du terme, qui coûte plus qu’il ne rapporte au libéralisme. Autre blogueur, autre ami, Aurélien, qui, avouons-le, nous livre un brillant billet (comme toujours), qui laisse un goût amer et une impression en demi-teinte sur le devenir de Fillias et de l’élection présidentielle pour le tout jeune parti Alternative libérale, malgré sa défense d’Edouard, qui n’est donc pas une défense sans contraste.
Je ne remets pas en cause le choix de Bayrou par Eddie, ce sera peut-être aussi le mien, je m’en réjouis donc. Cela me fait tout de même relire avec une pointe de fiel les commentaires (supprimés par le blogueur) suite à la prise de position de mon ami (et oui, je n’ai que des amis, enfin presque) Patrice en faveur du même candidat. Je me souviens des critiques acerbes jetées à la figure de Patrice, qui, d’après les pom-pom girls de Fillias, était devenu un paria, un Judas, du libéralisme. C’est assez piquant, avec ce léger recul.
Cependant, j’aimerais qu’un point soit éclairci - s’il peut l’être : Edouard Fillias n’engage-t-il que sa personne ? Son parti ? si oui, ce dernier a-t-il été consulté ? comment ? Ou faut-il considérer que la dérive autocratique d’un Sarkozy ait également droit de cité à l’intérieur de ce petit parti ?
Edouard Fillias, sa démarche, son parti, souffrent d’une tare congénitale (en sus de celle justement décrite par Jean-Louis) : prétendre rassembler tous les libéraux, alors qu’ils créaient ce que le commun des mortels considère comme une officine de fanatiques.
Eddie n’a au moins pas choisi de se rallier à Sarko, et c’est déjà en soi une bonne nouvelle. J’aimerais, rien que par curiosité, car la perspective ne m’enchante guère, savoir qui il choisirait en cas d’affrontement Ségo-Sarko au second tour.
EDIT : Mélodius, toujours au scalpel, exécute Fillias et son parti en trois phrases :
Arrêter avant la fin du match, c’est petit.
Ne pas contester le procédé qui permet de vous marginaliser, c’est bête.
S’imaginer avoir des consignes de vote à donner alors qu’on n’a rien prouvé (au contraire) c’est présomptueux.
Bref, c’est du Filias tout craché !

