Stratégies de diversion
L’Etat adore créer des commissions, des comités Théodules, des machins qui, en concentrant l’attention des médias et des citoyens, permet de détourner cette même attention des vrais problèmes et des vraies questions.
H16 expose quelques-uns des avatars les plus récents de cette grosse ficelle : la TNT, l’éthique sur internet, la santé publique. J’ajouterai aussi les slogans “anti-sucre” ou “anti-graisses” dans les pubs sur des produits alimentaires. C’est lumineux, comme toujours ; je ne peux que vous conseiller de lire attentivement ce billet.
Je post également ici la réaction qu’a suscitée la lecture du billet d’h16. (si c’est en trop vous supprimez Copeau)
” Vous semblez regretter le contenu des programmes télévisés, “consternantes débilités”, même critique concernant les journalistes. Venant de vous, cela m’étonne.
Ça ne vous a pas échappé que dans le monde libre de la consommation de programmes ou d’informations, le souci spontané des producteurs est celui de leur audience. Ils adaptent leur production en fonction de cette contrainte. Leurs programmes sont donc la conséquence directe de choix libres de personnes autonomes et éclairées. Vous savez bien, ces mêmes gens dont vous dites qu’ils n’ont pas besoin de réglementation ou d’incitations de nature fiscales pour régler les problèmes de pollutions (nitrates, dioxines, effet de serre…).
Curieusement, les programmes que pour ma part j’évalue positivement, sont justement ceux qui sont le moins assujettis à cette pression de l’audimat (France culture, ARTE…). Dans la mesure où leur existence dépend des subsides de l’Etat, je comprendrais que vous en contestiez l’existence.
Mais pour le reste… tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes libéral ! Les gens consomment librement ce qu’ils veulent, les producteurs s’adaptent au marché, quel est le problème Mrs les libéraux ?
Je ne répondrai pas au nom de h16. Pour ma part, je remarque quatre choses :
- la qualité de certains programmes du public est excellente, c’est indubitable.
- la qualité de certains programmes de chaînes privées l’est tout autant, je pense à Encyclopeadia, Histoire, Planète, et tant d’autres
- on trouve aussi sur les médias publics, France Inter en particulier, un prosélytisme politique qui me dérange beaucoup (Eric Dupin est présent presque tous les jours pour dénoncer le libéralisme, je ne parle pas d’Onfray sur France Culture) ; je pourrais bien évidemment citer aussi France 2 et Ruquier
- les chaînes publiques sont financées aussi par la publicité, ce qui les rend doublement dépendantes : du gouvernement, et des téléspectateurs. Au moins les chaînes privées n’ont qu’une moitié de dépendance.
Et puis surtout, les chaînes publiques n’ont jamais diffusé du porno, et ça c’est une grande différence.
Plus sérieusement (quoique), les chaînes publiques ont une offre de cinéma nulle, les radios publiques sont bien moins en pointe sur le rap que Skyrock (et alors, j’ai le droit d’aimer le rap, non ?), bref je pense que c’est par essence un faux débat.
Le vrai problème est celui-ci : les médias publics sont les médias du gouvernement, quand la gauche est au pouvoir, et un contre-pouvoir payé par tous les contribuables, le reste du temps. ça me gêne énormément. Qu’en revanche les médias publics complètent les privés (je pense aux radios, car la question ne se pose plus avec les chaînes de télé payantes), c’est très bien.
Certes certes… la médiocrité des programmes n’est pas imputables à une question de publique ou privé, c’est la conséquence directe de choix libres d’individus libres. Ceux-ci préfèrent TF1 à ARTE, RTL à France Culture. Alors compter sur le choix libres d’individus libres pour résoudre les problèmes de notre société, à commencer par l’environnement, si c’est pas une position idéologique ça …
Je ne crois pas à leur liberté mais à leur intérêt. Et ce n’est pas la peine de revenir sans cesse sur cette question de l’environnement, ce n’est pas vraiment le sujet ici.